Union européenne : pas d’accord sur la pêche

Aucun accord ne se dessinait mardi après-midi à Bruxelles entre les Vingt-Cinq sur les quotas de pêche dans l’Atlantique pour 2007, après une première série de négociations, et la présidence finlandaise de l’UE a estimé qu’il faudrait "du temps" pour y parvenir. «Je suis convaincu que l’on trouvera une solution", "mais cela prendra sans doute un peu de temps avant de parvenir à un accord, demain, peut-être tard dans la nuit», a déclaré lors d’une conférence de presse le ministre finlandais de l’Agriculture, Juha Korkeaoja. «Il n’y a pas de position commune, mais beaucoup d’intérêts dispersés, chacun négocie sa liste de revendications et l’on ne retrouve pas les blocs habituels des amis des pêcheurs et des amis du poisson», a indiqué à l’AFP un responsable ministériel français. Les ministres européens de la Pêche ont entamé mardi matin à Bruxelles le traditionnel "marathon" de fin d’année pour fixer les quotas de captures, les jours de mer et diverses mesures techniques en 2007 pour les eaux de l’Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord, qui sont les principales zones de pêche de l’UE. Plusieurs lignes de fracture opposaient les grands pays pêcheurs de l’UE, selon des sources diplomatiques : la France et l’Espagne étaient divisées sur l’anchois du Golfe de Gascogne, pour lequel est proposé un moratoire au premier semestre 2007, tandis que le Royaume-Uni, le Danemark, la Suède, l’Irlande et la France s’opposaient à la forte réduction de la pêche au cabillaud. S’appuyant sur des avis de scientifiques, la Commission avait demandé initialement une interdiction de pêche à l’anchois au premier semestre 2007, et une réduction de 25% des quotas et des jours de pêche pour le cabillaud. Devant l’opposition des Etats membres, elle a déjà lâché du lest sur le cabillaud, en ramenant la réduction proposée de 25% à 20% sur certaines zones de pêche, et de 37% à 25% pour d’autres zones. Elle a aussi revu en baisse ses demandes de restriction sur les poissons plats et sur le hareng. Ces concessions n’ont pas suffi et les négociations devaient se poursuivre par des discussions "bilatérales" en coulisses jusqu’à au moins 21 heures, avant de reprendre mercredi sur la base d’un nouveau compromis élaboré par la présidence de l’UE.

David Esnault  (AFP)

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