Université d’été de la CGEM : La démarche d’inclusion au cœur des débats

Université d’été de la CGEM : La démarche d’inclusion au cœur des débats

Ce sont 90 intervenants de renom qui ont animé, tour à tour, les différentes thématiques de la première édition de l’université d’été de la CGEM. Organisé en partenariat avec l’ISCAE, l’événement est une invitation à l’échange entre les différentes parties présentes. Le discours de certaines têtes d’affiche a retenu l’attention par le verbe mais aussi par le contenu. Dominique de Villepin en fait partie. Les détails.

L’université d’été de la CGEM a réuni, les 28 et 29 septembre, des personnes du monde de l’entreprise, institutionnels et étudiants. Pendant deux jours, un programme animé par des experts de haut niveau a permis de donner le ton à la CGEM. Le patronat s’engage plus que jamais à donner un coup d’accélérateur à l’entrepreneuriat.

L’esprit de l’événement phare de la CGEM a été donné dès le départ par Salaheddine Mezouar, le nouveau patron des patrons.  «Notre université d’été sera un lieu de brassage des idées et de la construction des réflexions autour de cet objectif auquel nous aspirons tous: un Maroc gagnant». Le discours se veut positif.  Au cœur des priorités, la démarche d’inclusion est prise comme un remède absolu pour l’entreprise.  Cette dernière doit développer son réseau et multiplier ses chances de se positionner.

«C’est pour cela que cette université d’été est d’abord cet espace de débat où nous voulons nous placer dans une perspective d’avenir et co-construire notre Maroc de demain», poursuit l’ex-ministre. Ayant accédé à des portefeuilles ministériels stratégiques, l’homme a mis l’accent sur un Maroc qui change non seulement par des données intrinsèques mais aussi en raison de l’environnement international. «Aujourd’hui nous vivons dans un monde mouvant qui nous oblige à nous adapter, à nous réinventer,  à changer nos codes et à repenser nos modèles de société». L’exercice sous-entend un changement d’état d’esprit auprès des managers et des politiciens. Et c’est ce qui est le plus difficile. La révolution technologique rappelle, en effet, que les repères ne sont plus les mêmes dans un monde où 800.000 whatsApp sont échangés dans le monde. «Chaque seconde 80.000 personnes effectuent un achat à travers Internet. Chaque seconde 33 millions de transactions boursières ont lieu à la seule Bourse de Londres», poursuit l’orateur fraîchement nommé à la tête de la CGEM.

Si ces mutations peuvent paraître lointaines au Maroc, l’impact est de plus en plus palpable. D’ailleurs, les entreprises qui l’ont compris ont déjà entamé leur transformation à travers l’implémentation du digital dans leur quotidien. Les réseaux sociaux raccourcissent les relais d’information et l’amplification de celle-ci peut servir ou desservir une société en un seul ou plusieurs clics selon les objectifs !

L’agilité du manager est pointée du doigt. Ce n’est que de cette manière que le pilotage pourra se faire de manière efficace dans un contexte où les crises internationales sont plus intenses. 

Le rappel est nécessaire: les 200 millions de chômeurs dans le monde démontrent que l’entrepreneuriat est la seule issue pour le maîtriser. Les experts de la question affirment que «66% des métiers de demain n’existent pas encore. Il y  aura certes toujours des médecins, des ingénieurs et des managers, mais il existe aujourd’hui des Youtubeurs qui gagnent plus de 10 millions de dollars par an!».

La question est de savoir comment le Maroc se positionnera dans cet environnement aussi complexe… Les 90 intervenants conviés à cet événement traiteront chacun d’une thématique qui permettra d’apporter un éclairage. Mais les données sont tellement changeantes que le Maroc à l’instar de toutes les nations devra garder ses phares bien allumés pour changer de fusil d’épaule à tout moment. L’entreprise aussi.

L’intervention de l’ancien premier ministre français Dominique de Villepin a été orientée justement sur le fait que le monde est aujourd’hui confronté à des défis nombreux. La montée des extrémistes et des séparatistes (Brexit, Catalogne) fait que le monde s’inscrit dans un temps d’effondrement de repères qui étaient jadis considérés comme stabilisateurs. «Les démocraties libérales sont à l’épreuve. Le capitalisme met à l’épreuve les inégalités financières, territoriales… Le Maroc en souffre, la France aussi… forcément le capitalisme traditionnel n’est plus d’actualité. L’ordre multilatéral devrait apporter un monde plus stable. La politique de Donald Trump bouleverse le monde», déclare le politicien qui sillonne aujourd’hui le monde pour prendre le pouls des différents Etats. Tout compte fait et si on rajoute à tout ce magma de changements la crise écologique, le pessimisme serait l’attitude la moins courageuse. Les deux personnalités publiques des deux rives préconisent la réflexion.  La repolarisation à l’échelle mondiale est plus que nécessaire.

Sur le plan géostratégique, M. de Villepin rappelle que «la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine pourrait facilement dégénérer dans le futur car les Américains voient l’ascension chinoise comme une menace». Avant-gardistes dans la recherche dans l’intelligence artificielle, les Chinois interpellent le monde. 60 milliards de dollars sont aujourd’hui investis dans ce domaine en effet. «C’est l’homme qui devient le propre maître de sa transformation», poursuit le politicien français né au Maroc…

Bref toute cette entrée en matière a permis aux intervenants venus des 4 coins du monde d’apporter, tour à tour, des éléments d’éclairage sur ce monde en perpétuel mouvement et où les perceptions ne sont pas forcément les mêmes selon la culture, la politique et la santé économique d’un pays.

Le débat était riche; les experts d’une grande richesse.

L’appel aux think tanks  a également été  annoncé. Car les données sont devenues multiples et mutantes selon les domaines de spécialité. L’intelligence économique puisant dans ce magma !

Les dés sont jetés. L’initiative de la CGEM rappelle que toute la société civile est concernée par cette prise de conscience de changement des repères. Et cette transformation des entreprises ne pourra être opérée que si les patrons d’entreprises sont conscients des enjeux.

Le poudre aux yeux n’est plus suffisante pour capter les marchés. L’inclusion de l’entreprise sous-entend des arguments forts et des compétences avérées. Car il est question de durabilité sur les marchés. L’entrepreneuriat devra donc être fermement accompagné pour que l’effort ne soit pas vain. Les incubateurs et les politiques d’essaimage représentent des solutions intéressantes si elles sont bien menées. L’exercice n’est pas simple mais il en vaut la chandelle.

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