Urbanisation du Grand Casablanca – Lydec : 20 milliards DH gérés en 20 ans !

Urbanisation du Grand Casablanca – Lydec : 20 milliards DH gérés en 20 ans !

Près de 38 millions m³ d’eau potable ont été économisés par rapport à 1997, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de plus d’un million d’habitants !

Jean-Pascal Darriet, directeur général de la Lydec

La Lydec vient d’organiser son 14ème séminaire d’informations pour faire l’état des chantiers entrepris et ceux en cours. «Nous nous sommes engagés dans la seconde révision du contrat de gestion déléguée et le projet d’harmonisation du périmètre de distribution», déclare Jean-Pascal Darriet, DG de la Lydec. Les chantiers sont nombreux et relèvent soit de la gestion du réseau (eau potable, assainissement liquide, électricité et éclairage public), soit du suivi de la qualité des chantiers (réfection des chaussées). L’implémentation des technologies de pointe dans la démarche globale signe l’innovation  managériale. «Nous avons concentré des technologies pour optimiser le pilotage au service du client», poursuit  le manager à la tête de la gestion déléguée depuis 5 ans.

Des investissements colossaux

En 20 ans, il a fallu 20 milliards DH pour aboutir aux réalisations actuelles. Et c’est l’assainissement liquide qui a absorbé les 45% des fonds injectés. Le reste ayant été affecté aux autres métiers de l’entreprise, à savoir l’eau potable (23%), l’électricité et l’éclairage public (27%), et les moyens communs (5%). En 2016, ce sont près de 1,43 milliard DH qui ont été, en effet, investis.  631 MDH ont été affectés à l’assainissement, 390 MDH à l’eau potable, 373 MDH à l’électricité et l’éclairage public et 32 MDH aux moyens communs. Les chantiers sont énormes compte tenu de l’accélération de l’urbanisation à Casablanca. Saad Azzaoui, directeur du patrimoine, le souligne justement à travers les besoins en investissements de la gestion déléguée à l’horizon 2027 qui s’avèrent supérieurs aux ressources prévues dans le contrat de gestion. Ils ont été estimés, en effet, à près de 17 milliards DH. La création de nouveaux réservoirs à l’horizon 2030 est prévue dans ce cadre. Les négociations avec l’autorité délégante devront induire les priorités.

Eau potable et assainissement,  haro sur le gaspillage !

En 2016, près de 198 millions m3 d’eau potable ont été mis en distribution, soit environ 535.000 m3 par jour.  L’optimisation de cette ressource passe par la lutte contre le gaspillage. 14.600 fuites d’eau ont été détectées et réparées  en 2016. «Pour la première fois, le rendement du réseau franchit la barre de 77%», argumente Abdelkader Teffal, chef du département performance du réseau eau. Près de 38 millions m³ d’eau potable ont été économisés par rapport à 1997, soit l’équivalent de la consommation d’une ville de plus d’un million d’habitants ! L’année 2016 a permis le renouvellement de 30 km de canalisations et plus de 5.000 branchements. Dans le domaine de l’assainissement liquide, la réalisation de plusieurs projets dont le système de transfert des eaux usées des zones d’Errahma et de Hay Hassani extension, l’assainissement (eaux usées et pluviales) du lotissement Ennasser et la résorption de certains points d’inondations à Mohammedia ont été effectués aussi l’an dernier. L’aménagement d’un espace expérimental d’agriculture urbaine de 1.600 m², près de la station d’épuration des eaux usées de Mediouna, signe la démarche d’innovation entreprise par le gestionnaire délégué. Preuve en est de la faisabilité de la réutilisation des eaux. En termes de maintenance des réseaux, près de 633 km ont été inspectés sur un réseau global de plus de 5.500 km. 9.800 tonnes de sédiments contenus dans le réseau et les ouvrages ont ainsi pu être extraites.

Les outils qui ont permis ces résultats sont divers. «La télégestion des stations de pompage et des capteurs de niveau dans les réseaux critiques représente déjà un moyen», explique Toufik Zaid, directeur adjoint  exploitation eau et assainissement. Le monitoring météo est utilisé dans ce domaine. L’hydro-curage des conduites a porté, par ailleurs, sur 548 km. 350 opérations d’entretien ont été réalisées par le biais des stations de pompage et de dessableurs. Enfin, 633 kilomètres de réseaux ont été inspectés et 678 m3 de sables évacués en mer.

Deux modes de gestion de l’électricité

«Elle s’effectue au niveau central, dans la direction d’exploitation d’électricité et éclairage public et au niveau des délégations préfectorales», explique Nourreddine Elamarti, directeur d’exploitation électricité et éclairage public. Les enjeux dans ce domaine sont liés au renforcement et à la sécurisation d’un réseau d’électricité d’une longueur de plus de 8.600 km (moyenne et basse tension). Le taux de rendement du réseau d’électricité est passé ainsi de 92% en 1998 à 93,5% en 2016. Autre axe dans ce métier, l’accompagnement du développement de la métropole. Près de 205 km de réseaux MT et BT (extension et renforcement) ont été posés. 75 nouveaux postes de distribution publique et 61 postes clients ont été raccordés au réseau. L’accompagnement a concerné principalement les projets urbains comme la zone franche de Nouaceur «MidParc» et le Grand théâtre de Casablanca. Plus d’une soixantaine de km de câbles électriques ont été également déplacés dans le cadre de la réalisation de la nouvelle ligne du tramway…

Eclairage public, un héritage depuis 2009

Le nombre de points lumineux est passé de 95.830 en 2009 à plus de 145.300 à fin 2016  dans le cadre du renouvellement et de l’extension du réseau. «Le taux de disponibilité a dépassé l’objectif contractuel pour atteindre 97% en 2016», rappelle le responsable.

En 2016, Lydec a lancé un plan d’efficacité énergétique et un schéma directeur d’aménagement lumière (SDAL). Le délégataire prévoit plusieurs solutions à ce niveau. L’éclairage photovoltaïque, la télégestion du réseau et la gradation du niveau d’éclairement, la technologie LED à haute puissance, l’optimisation opérationnelle et technologique, la mise en place de stabilisateurs de tension et le changement des luminaires vétustes en sont les principaux. Le gestionnaire délégué table, par ailleurs, sur une économie d’énergie de 20%, à l’horizon 2020 et une réduction de 16.000 tonnes des émissions en CO2.

Les enjeux sont énormes. L’harmonisation dépendra, aussi, des différents acteurs en présence, hormis le gestionnaire délégué. La coordination est, en effet, importante pour optimiser l’action et minimiser la nuisance éventuelle causée au citoyen.

L’exercice n’est pas simple car aucune instance ne centralise les actions des uns et des autres pour synchroniser les opérations. Les élus locaux devront se pencher sur cette problématique sans plus tarder. Car il en va de l’optimisation des deniers publics.

Lydec a signé en septembre 2005 un accord-cadre avec l’autorité délégante et la wilaya du Grand Casablanca dans le cadre de l’INDH.

INDH-Inmae, un engagement social

L’opérateur s’est ainsi engagé à apporter l’accès à domicile aux services d’eau, d’assainissement et d’électricité à 92.550 foyers des quartiers d’habitat informel maintenus sur place sur décision des autorités. 347 quartiers sont concernés par ce projet à Casablanca. A fin 2016, 45% des foyers (soit 40.031) ont pu être raccordés aux services de base par le biais d’une levée de fonds de 813 MDH. Le coût global du projet est estimé à environ 2 milliards DH.

Services à la clientèle : Proximité et dématérialisation des processus

Les 2,2 millions de clients sont liés au gestionnaire délégué à travers un centre de relation clientèle, 16 agences clientèle, 691 espaces services actifs et une agence en ligne. Un nouveau concept d’agence plus convivial est désormais fonctionnel et sera dupliqué dans le cadre du cahier des charges. La dématérialisation des processus passe par des  services nouveaux pour ne citer que la plate-forme électronique «e-Lot», lancée en juin 2016.

Une plate-forme électronique de dématérialisation du processus de raccordement des entreprises est prévue pour fin mai 2017. La conception et l’aménagement de l’agence «Multi-pro» est en cours. Cette action sera accompagnée d’un vaste chantier de re-engineering de la relation client, prévu pour mi-juin 2017.

La création d’un espace dédié aux clients multi-sites permettra la gestion consolidée de leurs contrats et l’accès à l’e-facture.

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