Urbanisme : le nouveau visage de la ville

Face à l’inexistence de pôles d’équilibre de taille moyenne et eu égard à l’attractivité de la ville de Tanger, la croissance naturelle conjuguée à un exode rural massif a provoqué un gonflement accéléré de l’effectif de la population de cette agglomération.
En réaction à cette situation aggravée par la multiplication des intervenants, les pouvoirs publics ont décidé dans les années 90, de doter la province de Tanger promue au statut de wilaya, d’une Agence urbaine (AUT) en tant qu’acteur fédérateur en matière d’urbanisme et de gestion de l’espace.  «Grâce à l’unité de la ville, il est devenu nécessaire d’adopter l’approche du projet urbain, comme démarche rénovatrice et participative qui enrichit les méthodes conventionnelles de planification spatiale, visant la mise à niveau et la requalification du paysage urbain », tient à mentionner Khalid Alami Chentoufi.
En effet, le projet urbain a été adopté par le conseil de la ville, il est même entré dans sa phase de concrétisation. Mieux encore, en plus des mesures destinées à rendre plus compétitif et plus attrayant à l’investissement par le truchement du marketing urbain, l’AUT a mis en place un guichet unique pour l’instruction des demandes d’autorisations de construire. «Appuyée par messieurs le wali et le président du Conseil de ville, l’AUT a mené à bien, dès le mois de janvier 2005, les contacts nécessaires avec les partenaires locaux pour l’adoption du principe du guichet unique. Aujourd’hui, le guichet est effectivement opérationnel.
Il est destiné à l’instruction des grands projets du type immeuble R+4 et plus.  Opérationnels à partir du mois d’avril 2005 dans les sièges des arrondissements et de la commune urbaine,  les guichets uniques ont été dotés de moyens humains et matériels nécessaires. Résultat: moins de 24h pour une autorisation, alors que 48h suffisent pour traiter les grands projets.   
Aux dires des opérateurs du BTP, l’ensemble de ces nouvelles mesures, conjuguées à la charte d’assouplissement des procédures, une spécificité de l’AUT, l’engouement pour le secteur est manifeste. Les chiffres en témoignent. Les grands opérateurs du secteur, surtout ceux plus connus à Casablanca, ont d’ailleurs investi la région. 
Auparavant, l’agence a constitué une banque de projets comprenant 18 actions et opérations de réaménagement des lieux majeurs et sites sensibles, sous forme d’un projet urbain intégré au service de l’unité de la ville de Tanger, à travers le rééquilibrage de ses différentes composantes urbaines et architecturales, la requalification de ses espaces publics et la réhabilitation de ses sites à intérêts historique, touristique et culturel,
à commencer par le volet concernant le patrimoine et la réhabilitation de la médina de Tanger.
De même, l’AUT a proposé des actions de partenariat pour le cofinancement de certaines actions ciblées dans le cadre de la coopération décentralisée avec la France et l’Espagne (réaménagement du site cap spartel, des grottes d’Hercule et des vestiges Cotta, élaboration du schéma directeur d’aménagement vert et paysager, etc.).
En matière de lutte contre l’habitat insalubre, et après avoir délimité les quartiers touchés par ce type d’habitat, et les secteurs avoisinants comme zones de prévention contre sa prolifération, l’agence a réalisé des enquêtes foncières en vue d’inventorier le potentiel foncier à mobiliser en faveur des programmes d’habitat social, parallèlement à l’établissement des plans de redressement et de restructuration de certains quartiers jugés prioritaires.
Cette démarche a été généralisée  à l’ensemble des territoires ruraux limitrophes au site du projet du port Tanger-Méd, en commençant dans un premier temps, par les communes de Aouama, Bahraouiyne et Melloussa.
Le schéma d’orientation de la commune rurale de Boukhalef  a servi de plate forme pour le lancement de l’étude du plan d’aménagement du nouveau pôle urbain « Gzenaya Al Jadida » identifié comme ville nouvelle. L’étude se trouve actuellement dans la phase de l’élaboration des documents de la première concertation (esquisses d’aménagement à l’échelle 1/5000ème).
Aussi, le site de Ksar Sghir-Ksar Majaz a fait l’objet d’attentions particulières, eu égard à sa situation stratégique à proximité immédiate du complexe portuaire PTM, qui le place au cœur des différents enjeux de ce nouveau complexe.
Dès lors, et après avoir identifié le site de la ville nouvelle sur une superficie de 880 ha, et en collaboration avec les services de la Province Fahs-Anjra, l’APDN, l’ASTM et les communes rurales concernées, l’Agence Urbaine a lancé un concours d’idées pour la création et l’aménagement de la ville nouvelle Ksar Sghir-Ksar Majaz, dont les nomes des vainqueurs seront bientôt communiqués.

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