Vers l’adoption d’un SMIG régional

Vers l’adoption d’un SMIG régional

ALM : Quel accueil a été réservé à la demande des textiliens pour la mise en place d’un SMIG régional ?
Mustapha Mansouri : A ce sujet, je tiens d’abord à préciser qu’actuellement le marché du travail est régi par les différentes dispositions du Code du travail qui a été adopté par le Parlement et entré en vigueur. Pour ce qui est du SMIG régional, il s’agit, en effet, d’une revendication des industriels du textile dont l’activité a été lourdement pénalisée par la déferlante des produits chinois. Ils demandent l’instauration d’un SMIG régional et arguent que le niveau de vie dans les différentes régions du Royaume sont loin d’être les mêmes.
Le coût du logement, des transports et de la restauration dans une métropole comme Casablanca ne pourrait être le même par rapport à une petite ville comme Ouarzazate ou Guercif par exemple. Cette revendication s’inscrit dans le cadre d’un concept de flexibilité pour l’encouragement de l’investissement.

Cela voudrait-il dire que le gouvernement est prêt à mettre cette notion de SMIG régional en pratique ?
Le SMIG régional demeure une notion recevable mais elle doit auparavant être validée par les différents acteurs, syndicats et patronat en tête. Actuellement, la question est en train d’être étudiée au sein du ministère de l’Emploi. Nous sommes en train d’analyser le pour et le contre ainsi que les modalités de son application dans le cas où elle serait décidée. Dans certains pays, cette notion de SMIG régional est appliquée depuis plusieurs années avec, pour but principal, d’encourager l’investissement dans des régions qui n’attirent pas initialement les flux de capitaux. Au Maroc, l’actuel SMIG national avoisine les 200 dollars par mois. Dans un pays comme la Turquie, ils ont même poussé la réflexion jusqu’à l’instauration d’un SMIG rural, une sorte d’avantage pour permettre au monde rural de connaître une dynamique économique et sociale à l’instar du tissu urbain. Une mesure qui n’a pas manqué d’encourager l’emploi dans le monde rural. Vu de ce point, il serait opportun de l’étudier afin d’en envisager la meilleure application possible.

Quelle sorte de retombées sur l’emploi l’application d’une telle mesure pourrait-elle avoir ?
Dans le cadre de sa politique d’encouragement de l’investissement, notamment étranger, le Maroc a été partagé en quatre régions, classées selon leur captivité des investissements. Les moins attrayantes ont été dotées de nombreuses mesures pour encourager les investisseurs à y installer leurs industries. Présenter les disparités régionales qui, initialement, peuvent être perçues comme des freins, comme des opportunités à saisir ne pourrait qu’avoir un impact positif sur la vie socio-économique de la région. Le nombre des postes de travail à offrir augmenterait d’une manière sensible puisque les coûts de production auraient tendance à diminuer. A ce point de vue, l’instauration d’un SMIG régional conduirait à une dynamisation de l’offre de l’emploi.

Comment sera, selon vous, la réaction des autres partenaires sociaux, les syndicats notamment?
Il est clair que dans le cas d’une décision prise en faveur de l’application d’un SMIG régional, des négociations avec les différents acteurs seront ouvertes. Et les syndicats en font partie. Et nous appréhendons leurs réactions puisqu’ils refusent qu’on touche à cet acquis qu’est le SMIG. Il n’y a qu’à se rendre quelque temps en arrière pour s’en persuader. Lors de précédences réunions se rapportant à la question, ils avaient demandé à ce que le SMIG et le SMAG (Salaire minimum agricole garanti, de l’ordre de 1450 DH par mois-NDLR) soient alignés. C’est pour cela que la validité de cette notion de SMIG régional est actuellement en cours de discussion.

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