Vers une fusion ONA-SNI ?

Vers une fusion ONA-SNI ?

Comme annoncé par ALM (n°470), les scénarii proposés par les fidèles conseillers du groupe ne manquent pas. Le premier indicateur reste les opérations massives de cessions qui se sont multipliées. Le plan stratégique 2001-2003 est arrivé à terme. Par conséquent, les interrogations au sujet du nouveau plan stratégique affleurent. La nouvelle approche globale se fait attendre. Des indiscrétions font état d’une cession des «perles de la couronne » de la SNI au profit de l’ONA. Est concerné, le Cimentier Lafarge Maroc, quoique l’évolution du cours laisse plutôt présager un désengagement de l’ONA au profit de l’autre actionnaire de référence Lafarge France. Quelle que soit l’issue retenue, la SNI héritera d’une somme conséquente à même de doter le holding des moyens nécessaires à sa croissance. Il est question que SNI prenne part à la concession d’électricité de Jorf Lasfer. L’un des deux associés, concessionnaires actuels, ABB est sur le point de se désengager du Maroc. Sonasid, l’une des valeurs les plus rentables de la Bourse de Casablanca pourrait assurément rester dans le giron du Groupe ONA. L’avenir est encore porteur pour cette filiale. En plus l’épineux problème, Longometal a trouvé une solution adéquate. D’autres actifs de la SNI sont ainsi en phase de passer sous contrôle de l’ONA, ou alors, d’être tout simplement vendus. Par contre, de fortes rumeurs font état d’une fusion proche entre les deux holdings (ONA-SNI). «L’enjeu fiscal pourrait dissuader le groupe de procéder à une telle opération» laisse, entendre un analyste de la place qui pronostique sur un coût fiscal de 700 millions à un milliard de DH en droit de cessions et autres. «D’ailleurs, d’autres holding dont Financière Diwan sont toujours opérationnels même en étant des coquilles vides» ajoute-t-il. La fin de ces spéculations est annoncée pour les 48 heures à moins que le gendarme de la Bourse, CDVM, n’accorde une dérogation exceptionnelle. Les entretiens ont eu lieu avec les dirigeants du premier holding du pays. La décision de suspendre les deux titres, en attendant la diffusion d’une information stratégique, est intervenue. Le paysage financier marocain y est aussi suspendu. Désormais, le premier holding du pays, interpellé par les effets de la mondialisation, est en train de préparer son innervation de l’économie mondiale. Les termes de la réflexion de la Banque d’Affaires CFG seront assurément considérés. La réflexion livrée en juin 1998 CFG, intitulée « ONA, SNI et compétitivité dans une économie mondiale », recommandait la spécialisation pour l’hyper compétence. «La création de valeur ajoutée pour les actionnaires et les salariés n’est plus possible que si la maîtrise du métier est au moins comparable à celle des meilleurs intervenants mondiaux», estimait la Banque d’affaires. L’acquisition de l’hyper compétence dans un métier, à l’échelle mondiale, implique une concentration d’efforts et de ressources incompatibles avec l’exercice de plusieurs métiers à la fois. «La spécialisation et la pression croissante des actionnaires à maximiser la valeur ajoutée conduisent à la disparition progressive des conglomérats ou «multi-industriels compagnies» ; cependant, moins le pays est inséré dans l’économie mondiale, bien entendu, plus de telles constructions peuvent subsister quelques temps encore», expliquait CFG. L’autre axe stratégique est la recherche d’une grande taille pour l’abaissement du coût de revient. La performance d’une entreprise soumise à libre concurrence se juge essentiellement par l’abaissement du prix de revient d’un bien ou d’un service. La pression concurrentielle sur les prix de vente devient telle que ceux-ci sont structurellement orientés à la baisse, en dépit de possibles fluctuations conjoncturelles. « Pour cela, la capacité de l’entreprise à suivre dépend essentiellement de la vitesse à laquelle elle peut réduire continuellement ses prix de revient » est-il mentionné. Enfin, la troisième donne à intégrer, la maximisation de la valeur boursière. Dans une telle logique, la maximisation du cours boursier de l’entreprise devient un enjeu stratégique. Un cours boursier élevé est synonyme de financement au moindre coût, en cela qu’émettre des fonds propres à des ratios de valorisation élevés abaisse d’autant le coût moyen du capital pour l’entreprise.

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