Viatique pour investisseur touristique

Le président de l’Association régional des restaurateurs de Marrakech, Brahim Rmili, député de son état, consul honoraire de la république du Mali depuis l’année dernière,  vient d’enrichir la documentation touristique marocaine d’un nouveau livre.
Une sorte de document sur le code juridique du tourisme et de l’investissement touristique. A la fois un outil de travail pour les initiés et une source didactique pour les profanes. «Ce livre, déclare l’auteur, est le fruit de quelques années de recherches minitieuses et de concertations avec des professionnels, des juristes et des universitaires. Il est édité au moment où notre pays est à mi-chemin de la réalisation du programme défini par le contrat-cadre approuvé, conjointement par le gouvernement et la Fédération nationale du tourisme». Assez succint, l’auteur présente les textes juridiques qui règlementent les établissements touristiques. Un succédané de définitions le long de 260 pages qui ne risque certes pas de faire la une de la rentrée touristique, mais qui a le mérite de présenter à la fois ce qu’on entend par maisons d’hôtes, auberges. Qui livre la différence entre un hôtel, «établissement qui offre obligatoirement en location des chambres ou des suites équipées à une clientèle de passage ou de séjour », et une résidence touristique, qui, elle, est un «établissement d’hébergement à vocation touristique, qui offre, en location, des unités de logement meublées et dotées d’une cuisine… ».
Le député RNIste s’intéresse par la suite au classement des établissements touristiques, un problème qu’il rencontre tous les jours en tant qu’opérateur.
Telle qu’elle se présente, la définition d’un hôtel cinq étoiles au Maroc est-elle suivie à la lettre ? Un tel établissement doit disposer d’un équipement complet pour chaque activité d’animation et sportive, notamment une piscine chauffée avec pataugeoire, des terrains de sports ou un practice de golf, un parc ombragé avec aire de jeux pour enfants, des jeux de société, des salles de bridge, et un night-club. D’autres prescriptions sur le service de nuit, obligatoire, le téléphone avec au standard un personnel trilingue au moins, l’asistance médicale, montrent toutes les difficultés pour un hôtel à décrocher la cinquième étoile.
Idem chez les autres activités. Ainsi, le restaurant classé 3 fourchettes doit, au regard de la loi, disposer d’une superficie de 1,20 mètre carré par couvert. Celui-ci doit être en métal argenté et verrerie fine. La cuisine de ce type d’établissement doit comprendre un local pâtisserie dûment équipé, aéré et séparé avec un système de climatisation. L’extracteur d’air mécanique est obligatoire comme la chambre froide supplémentaire. Combien de restaurants classés trois fourchettes répondent à ces normes ?
Ce n’était pas l’objet du livre de M. Rmili qui rappelle qu’un restaurant de luxe doit, en plus des prescriptions d’un 3 fourchettes, comporter une entrée des clients séparée de celle du service. Précision qui n’est pas de trop, «le chef de cuisine d’un tel établissement doit être issu d’une Ecole de formation hôtelière et ayant une expérience professionnelle de cinq années ».  Autre profession marginalisée mais qui n’a pas échappé à la perspicacité de l’auteur, celle du guide et accompagnateur de touriste. Ne l’est pas qui veut, puisque tout candidat doit au préalable disposer d’un agrément délivré par l’autorité gouvernementale chargée du tourisme sur la base de l’avis du Comité technique consultatif des accompagnateurs de touriste.

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