Vingt-neuf milliards de DH pour l’habitat

A entendre M. Mohamed M’Barki, Secrétaire d’Etat chargé de l’Habitat, le déficit en matière d’habitat insalubre n’est pas une fatalité. Tant que la volonté politique existe et le financement assuré, cela ne devrait pas poser problème mais il s’agit d’un chantier qui prendra des années. Pour initier une politique globale dans ce domaine, il fallait d’abord disposer d’une photographie précise de la réalité du parc-logement marocain. Cette stratégie a été d’ailleurs au centre du discours Royal du 22 août dernier. La lutte contre l’habitat insalubre devient une priorité nationale impliquant l’ensemble des partenaires aussi bien publics que privés. Conscient de tous ses enjeux, le Secrétariat d’Etat chargé de l’Habitat a lancé en 2000 une enquête de grande envergure sur le parc-logement, dont les résultats ont été annoncés le mardi 4 décembre à Casablanca. Les données de l’enquête sont validées par la Direction de la Statistique. Selon l’enquête, le nombre de construction en milieu urbain s’élève à 2.508.000 constructions dont 2.025.000 à usage d’habitation et 330.000 à usage mixte. Le département révèle que le nombre de logements urbains s’élève à 402.4000. La majorité de ces logements (3.019.000) sont occupée à titre de résidence principale. Le reste (492.000) sont vacants dont les 2/3 sont des appartements. En termes de répartition, les logements dits « maisons marocaines » viennent en tête avec 65 %. Les bidonvilles occupent 8,6 % du parc. A en juger par les résultats de l’enquête, le parc logement est neuf. 70 % des habitations n’excèdent pas 30 ans d’âge. Celles-ci ont été construites entre 1971 et 1999. La part des logements dépassant les 60 ans d’âge est de l’ordre de 4 %. Il n’en demeure pas moins que le gros du défi réside dans la lutte contre « les marchands d’illusion» de l’urbanisme. Ainsi, le programme national de résorption de l’habitat insalubre porte sur 629.784 ménages dont 428.626 non réglementaires et 201.158 bidonvilles. Selon le Secrétariat, le programme s’étalera sur une période de dix ans. Le coût global de ce programme est de 28,86 milliards de DH. 44 % de ce montant sera supporté par les tributaires. Ce montant sera financé par le «Fonds de solidarité habitat» qui sera mis en place dans le cadre de la Loi de Finances 2002 (350 millions de DH). L’Etat dépensera 13,52 millions de DH. Les Communes dépenseront 300 millions de DH. En principe, ce programme devrait démarrer le 1er janvier. Un programme juridique est en cours de finalisation au Secrétariat Général du Gouvernement.

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