Vioxx : Un retrait volontaire ?

Vioxx : Un retrait volontaire ?

Indiqué pour le soulagement des poussées douloureuses dans le traitement de l’arthrose et la polyarthrite rhumatoïde, Vioxx (Rofécoxib) a été retiré, le 30 septembre 2004, de la vente au niveau mondial. Selon les Laboratoires Merck Sharp & Dohme (MSD), cette démarche volontaire à laquelle a procédé le fabricant s’inscrit dans une approche responsable et un souci permanent de préserver la santé du patient.
Au-delà de la polémique suscitée par le retrait de Vioxx, MSD, ambitionnant d’informer le public sur les tenants et aboutissants de cette décision volontaire, a tenu à s’expliquer devant un parterre de journalistes. L’optique étant de démêler toute ambiguïté sur la question, ainsi que pour juguler l’éclosion des spéculations, les plus farfelues, que cette démarche a occasionnées.
En effet, le retrait de Vioxx du marché avait donné libre-cours à toutes les interprétations. Les médisances allant bon train, fruit d’une mauvaise interprétation de la démarche et, certainement, d’une mauvaise communication en ce sens, l’anti-inflammatoire Vioxx est passé d’un statut où l’on chantait ses louanges, à celui d’un produit vilipendé et accusé de tous les maux.
Pour en arriver là, MSD avait procédé à une étude clinique, étalée sur 3 ans, dont les résultats intermédiaires ont mis en évidence un doublement du risque relatif d’événements cardiovasculaires confirmés (infarctus du myocarde et accidents vasculaires cérébraux) par rapport au Placebo. L’étude en question note que l’augmentation du risque n’est constatée qu’au-delà de 18 mois de traitement quotidien continu, une durée rarement prescrite pour les patients.
« C’est une attitude responsable et une décision courageuse qui met en exergue le souci d’éthique permanent, dans l’optique de préserver la santé du patient (…) Ce retrait est, bien entendu, lourd de conséquences sur le plan financier », indique-t-on chez MSD. Dans ce contexte, il est à souligner que le cours de l’action MSD a été sujet à une chute significative depuis l’arrêt mondial de la commercialisation de leur spécialité Vioxx.
Il est à rappeler que le Rofécoxib est un anti-inflammatoire non-stéroïdien (AINS), de la famille des coxibs, utilisé essentiellement dans le traitement symptomatique d’affections rhumatismales (arthrose et polyarthrite rhumatoïde). Cette nouvelle classe des AINS fait office d’inhibiteur sélectif de la cyclo-oxygénase-2 (COX-2) qui épargne la COX-1, responsable des effets toxiques sur le rein et l’estomac.
Par ailleurs, Vioxx n’a aucunement fait l’objet d’un retrait réclamé par une quelconque autorité réglementaire, telle l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).
L’Afssaps a, somme toute, recommandé à tous les patients traités par Vioxx de consulter leur médecin dans le but de modifier leur prise en charge thérapeutique. Aussi, selon l’Afssaps, « cette démarche ne nécessite pas d’être réalisée dans l’urgence, compte tenu du fait que le risque de complication cardiovasculaire reste faible et n’apparaît qu’à long terme.»

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