Volkswagen change de patron et entre dans une nouvelle ère

Ce passage de flambeau tourne une page d’histoire du groupe de Wolfsburg: celle d’une décennie de règne « Piëch », débuté en 1993 par un assainissement sévère permettant au constructeur allemand de redevenir une entreprise rentable. Pour autant, l’intronisation de Pischetsrieder, un ancien dirigeant de BMW, lors de l’assemblée générale des actionnaires, sera surtout d’ordre symbolique.
Le Bavarois n’a pas attendu la passation formelle de pouvoir pour apposer sa marque sur le groupe … et prendre une certaine distance avec la stratégie du patron sortant de VW. Désigné futur patron en septembre dernier, Pischetsrieder a déjà présenté une réorganisation des marques de VW en deux entités. Or, si l’idée vient de Piëch, le projet initial, lui, a changé. Au lieu des ensembles « luxe » et « moyen de gamme » préconisés par le descendant de la famille Porsche, Pischetsrieder opte pour une séparation entre les marques classiques (Volkswagen, Audi et Bentley) et sportives (Audi, Seat et Lamborghini). Une initiative qui vise à répartir plus convenablement les marques entre les différents segments du marché, afin d’éviter, comme par le passé, qu’elles ne se fassent concurrence. Autre objectif déclaré du futur président, qui met en porte à faux la politique du patron sortant: développer l’offre de VW sur des segments populaires, comme les 4×4, les cabriolets et les monospaces, jusqu’à présent négligés au profit du haut de gamme. Enfin, à la différence de son prédécesseur, le nouveau patron a l’intention de réconcilier Volkswagen avec les marchés boursiers, en mettant l’accent sur le retour sur investissement, un indicateur cher aux investisseurs pour estimer la création de valeur d’une entreprise. Une réponse aux critiques visant le manque d’intérêt de Piëch pour la « shareholder value » (création de valeur pour les actionnaires).
Fair-play, Piëch laisse faire. « Dès que son successeur est connu, le vieux roi est mort », avait-il commenté peu après la nomination de son successeur. Après tout, c’est lui qui a orchestré sa propre succession, en appelant l’ex-PDG de BMW à rejoindre Volkswagen, en 2000, afin de diriger Seat et de devenir son héritier.
Sortir de l’ombre de l’imposant Ferdinand Piëch promet toutefois d’être une tâche difficile. Les orientations qu’il a données au groupe d’une main de fer continuent de porter leurs fruits: VW a enregistré en 2001 une nouvelle année record, malgré l’affaiblissement de la conjoncture. Pischetsrieder serait le coupable tout trouvé s’il n’arrivait pas à maintenir ce cap.

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