WIA : Pour une meilleure gouvernance avec les femmes africaines

WIA : Pour une meilleure gouvernance avec les femmes africaines

Le potentiel des femmes africaines dans l’économie discuté à Marrakech

Le Maroc est bien représenté au «Women in Africa (WIA)» qui se déroulera du 25 au 27 septembre à Marrakech. C’est ce qu’a dévoilé Aude de Thuin, présidente et fondatrice de Women’s Forum, dans un point de presse organisé, mardi 12 septembre, à Casablanca. Durant trois jours, plus de 300 participant(e)s se réuniront dans la cité ocre afin de définir une feuille de route et créer une initiative mondiale pour une Afrique inclusive. Sous le thème «Investir pour une meilleure gouvernance avec les femmes africaines», cette rencontre ambitionne d’encourager les entreprises internationales et panafricaines à accompagner les talents féminins. Motivées par l’idée que le monde de demain doit se construire avec les femmes africaines, les organisatrices du WIA portent une initiative qui repose sur trois piliers. Le premier pilier est «Wia Institut», à savoir un catalyseur de data. A l’origine, les initiateurs du forum expliquent s’être rendu compte qu’il y a une grande méconnaissance du rôle des femmes dans l’économie et qu’il fallait disposer de chiffres. Dans ce sens, WIA publie des études sur la montée en puissance des femmes africaines dans l’économie, tels que l’apport des femmes dans l’agriculture. Certaines de ces études vont être mises en exergue à partir de la rencontre de Marrakech. Le deuxième pilier, «Wia club» réunit des leaders, des entrepreneurs, des intellectuels et des artistes qui seront à Marrakech dans dix jours pour partager avec les femmes africaines conviées à l’événement leur expertise et leur savoir-faire. Le troisième pilier est «Wia philanthropie», qui est un fonds de dotation. Ainsi, les entreprises peuvent faire du mécénat à travers ce véhicule financier. Plus encore, cette initiative permet de développer l’entrepreneuriat sur le continent africain. Et pour preuve, les organisateurs ont lancé sur l’ensemble du continent un appel à candidature, suite auquel 260 dossiers ont été reçus en 10 jours. Ces projets sont basés sur de nouveaux business models, en grande partie dans le domaine de l’agriculture.

Les organisateurs affirment également que les projets proposés par les femmes sont aussi liés à divers domaines tels que la santé ou encore les nouvelles technologies. Sur l’ensemble des dossiers analysés, 16 seront présentés à Marrakech, indiquent les initiateurs de cette rencontre. Parmi ces entreprises créées par les femmes, quelques-unes sont sur la «reverse innovation». Il s’agit de modèles économiques qui aujourd’hui sont créés en Afrique et qui peuvent impacter le reste du monde, a souligné la présidente et fondatrice de Women’s Forum. Celle-ci a expliqué que lors de la rencontre de Marrakech, de grands sujets seront abordés par le biais des laboratoires de réflexion collaboratifs «Labs», à savoir la nutrition, l’agriculture, la finance, l’entrepreneuriat, l’énergie, l’environnement et l’eau. A l’issue de ces «Labs», un livre blanc sera remis aux gouvernements et aux dirigeants du monde entier dans les secteurs concernés. Conscient que le pouvoir économique et juridique appartient en grande partie aux hommes, les initiateurs de cette rencontre veulent aussi impliquer ces derniers. Dans cette optique, un prix sera donc décerné à «l’homme africain de l’année». Cette récompense repose sur les leaders qui incluent les femmes dans leur process et leur management.

S’exprimant lors de cette conférence de presse, Lamia Bazir, présidente de la Fondation des femmes rurales au Maroc et initiatrice de «Empowering women in the Atlas», a confié qu’une partie du capital immatériel marocain et africain est laissée en marge. Pour Lamia Bazir, l’objectif de cet évènement sera donc d’insérer la femme marocaine dans cette dynamique de l’Afrique ouverte au monde. Ce forum est l’occasion de construire des ponts entre les multinationales et le talent et le potentiel des femmes africaines. De surcroît, les femmes rurales auront leur place dans cette rencontre puisqu’en ouverture de ce sommet, le premier thème abordé sera relatif à la place des femmes dans l’économie sociale et solidaire en Afrique. Ce débat sera axé sur le rôle des gouvernements et du secteur privé dans la promotion et le soutien d’initiatives encourageant une croissance durable et l’inclusion des femmes dans les modèles économiques.

Aude de Thuin, présidente et fondatrice de Women’s Forum, livre son regard sur la femme africaine

Présente lors de la présentation du Women In Africa Forum à Casablanca, Aude de Thuin a confié : «Nous savons que l’Afrique est un continent du 21ème siècle et que les femmes ont un rôle de plus en plus croissant dans l’économie. Quand on parle de l’économie cela veut dire qu’elles ont un impact sur la société, sur les grands enjeux, sur la santé, sur l’agriculture, sur la formation mais aussi sur le domaine du numérique. Nous souhaitons mettre tout simplement les femmes africaines au centre du monde et montrer leur pouvoir grandissant. C’est la raison pour laquelle l’organisation de cet événement sera au Maroc d’autant plus que le Maroc attire aujourd’hui le monde entier. En termes de chiffres, nous avons actuellement 39 pays qui ont confirmé leur présence, plus de 300 participants mais nous devrions atteindre 400 personnes dans dix jours.

La finalité de cette rencontre est d’être concret et capable d’apporter des solutions sur certains des grands enjeux du millénaire. En cela il ne s’agit pas d’un forum de plus, nous apportons vraiment quelque chose de différent dans la mesure où on a mis en place des laboratoires collaboratifs de réflexion sur les grandes problématiques liées par exemple à la santé, l’agriculture et l’entrepreneuriat. On a également fait venir des experts du monde entier pour réfléchir ensemble sur ces thématiques et pour voir comment les femmes sont accélératrices de changement. Les résultats de ces «labs» seront soumis à différents gouvernements. D’autres grands sujets seront abordés, notamment sur le rôle de l’Afrique dans le monde d’aujourd’hui. Les jeunes auront aussi leur point de vue puisque nous avons consacré une matinée pour eux afin de savoir quelle est l’Afrique de leur rêve».

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