WTM : Grise mine au stand du Maroc

WTM : Grise mine au stand du Maroc

Le produit Maroc a vieilli. C’est le sentiment de la plupart des professionnels qui se sont déplacés à Londres. A l’image des stands marocain et tunisien, désespéramment vides, le Maghreb subit les contrecoups d’un contexte international tendu.
Les tendances qui se dégagent au terme de ce salon tenu du 7 au 11 montrent que cette peur de voyager qui hante les touristes occidentaux depuis le 11 septembre 2001 profite d’abord à l’Europe puis aux destinations émergentes de l’Afrique noire, Kenya, Tanzanie, Ile Maurice, Sénégal en tête. L’Espagne, l’Italie, la France font toujours recettes. La Grèce et la Lettonie refont leur retard. Aussi, les décideurs à la tête du produit marocain, n’ont pas à rougir de cette tendance somme toute générale. «Il ne faut surtout pas, avertit un professionnel qui était présent à cette manifestation, essayer de donner à tout prix l’impression que tout va bien, que le Maroc cartonne». Ce n’est malheureusement pas le cas, poursuit-il, faisant état d’une demande trop faible sur la destination.
Plusieurs sources font état d’une affluence atone au stand du Maroc dont les maigres visites obtenues de haute lutte sur des produits concurrents étaient toutes dirigées vers une Kasbah aménagée à l’intérieur par une opératrice anglaise. Signe sans doute qu’il faille, comme l’a-t-on entendu répéter à plusieurs reprises, «revoir les méthodes et les politiques de promotion». «Pourquoi ne pas confier la promotion de chaque marché à des citoyens de ce pays, ou à tout le moins, impliquer étroitement des locaux».
Un tel schéma adopté par les nouvelles destinations émergentes serait à même, estime-t-on, de résoudre le problème de confiance qui existe (et qu’il ne faut pas nier inutilement), entre les pays du Maghreb et les marchés émetteurs classiques. L’exemple du Dubaï dont la promotion est assurée par les Anglais revient en cesse. En tout cas, le produit Maroc n’aura pas péché au niveau de la représentativité. Beaucoup de professionnels comme d’habitude. Receptours, Royal Air Maroc, Sogatour, le Méridien, Beach Club, les CRT de Fès et d’Agadir étaient bien représentés. En outre deux ministres, celui du Tourisme et celui du Transport étaient présents. Sans doute pour donner plus d’éclat à la signature de l’accord entre le Maroc et le groupe TUI UK. Cette convention en vigueur à compter du premier novembre 2005 permet à la compagnie aérienne Britania Airways d’assurer une desserte régulière au départ des villes de Londres et de Manchester vers Agadir. Dans la foulée, le ministre du Tourisme a lancé une estimation : 160 000 touristes britanniques visiteront le Maroc en 2004, chiffre qui passera à 200 000 en 2005. Projection optimiste mais qui ne doit pas occulter la situation présente du produit Maroc sur le sol britannique. D’après une source bien informée, la plupart des partenariats signés récemment sont à apprécier à leur juste valeur. «Il n’y a que les opportunistes qui viennent au Maroc, attirés par le bradage. Les TO anglais achètent la demi pension dans un cinq étoiles marocain à 25 euros. Un petit hôtel à Londres ne vend pas la nuitée sèche à moins de 150 euros. «Aussi avec TUI comme avec les autres opérateurs, on est en droit de voir les choses positivement. C’est bien. Mais, il y a toujours la face cachée de l’iceberg». Toute la problématique réside donc aujourd’hui à en croire les opérateurs interrogés sur la question du prix. En 1960, le Maroc avait opté pour un tourisme diversifié et haut de gamme.
Quarante ans après, la stratégie semble avoir été payante puisque le Maroc aura engrangé des milliards de recettes. La tendance actuelle de la baisse des prix menace directement les prévisions de recettes inscrites dans la vision 2010.

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