Younes Zrikem : «Nous continuerons à faire pression au maximum»

Younes Zrikem : «Nous continuerons à faire pression au maximum»

ALM : Après avoir tenu une conférence de presse et élaboré une déclaration officielle commune aux opérateurs agricoles, quelle est la prochaine étape?
Younes Zrikem : Pour l’instant, nous allons attendre la réaction des parlementaires européens. Déjà, la commission européenne va entendre demain, jeudi 22 septembre, dans le cadre d’une audition, certains parlementaires européens. Nous n’avons pas été invités à cette audition, il est donc clair qu’ils ne veulent pas nous entendre. Nous allons donc attendre le résultat de cette rencontre avant d’entamer l’étape suivante. En revanche, nous allons continuer à être très présents à Bruxelles et au Luxembourg pour faire pression au maximum. D’ailleurs, je vais me rendre à Bruxelles dans les jours qui viennent. En parallèle, nous ferons appel aux ministères de l’agriculture et de l’extérieur pour garder une position ferme dans le dossier, au cas où ça dérape et risque de ne pas être adopté.
 
Dans le cas où l’accord agricole n’est pas adopté, quelle sera votre contre-attaque?
Dans ce cas, ce ne sera pas à nous de contre- attaquer, mais l’affaire deviendra du ressort du gouvernement marocain. Bien sûr, nous continuerons à soutenir notre cause, mais, nous inviterons le gouvernement à mettre en stand-by tous les dossiers en cours qui nous lient à l’Europe. Nous avons de nombreux dossiers entre les mains pour lesquels les Européens sont demandeurs. Il y a le dossier des immigrés européens et celui de la libéralisation des services qui leur tiennent à cœur. Mais, le plus important reste l’accord de pêche. Nous pourrions, dans le cas où l’accord agricole n’est pas adopté, ne pas renouveler l’accord de pêche qui arrive à expiration en février 2012. Nos voisins européens n’auront qu’à se débrouiller avec les pêcheurs espagnols.
 
Pouvez-vous nous éclairer sur les lobbies qui s’opposent à l’adoption de l’accord agricole?
Ce qu’il faut noter dans ce sens, c’est que José Bové avait posé une question à la présentation de l’accord agricole au Parlement européen. La question était «doit-on nous prononcer sur un accord avec le Maroc avec le Sahara ou sans le Sahara? Et quel est le statut des produits sahraouis?». La commission avait répondu clairement que le Maroc avait une relation stratégique avec l’Europe, et que l’accord était équilibré et ratifié par les 27 Etats de l’Union européenne. Elle a donc invité les parlementaires à se concentrer sur l’aspect technique de l’accord agricole et non sur l’aspect politique. Mais, les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume continuent à utiliser leur position de décideurs à des fins politiques.
 
Si l’accord est adopté, serez-vous prêts à répondre à la demande extérieure?
Nous sommes prêts à honorer l’accord agricole depuis cinq ans. La demande est là, mais les quotas nous obligent à ne pas y répondre. Bien que l’adoption de l’accord en janvier, (qui prendra 3 mois et 1 jour pour entrer en vigueur), nous enverra à la saison agricole suivante, nous serons tout de même prêts d’ici là.

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