Youssoufi : Pas d’autosatisfaction

Imprévisibles. Voilà comment on peut qualifier les derniers discours d’Abderrahmane Youssoufi à la veille des échéances électorales de septembre prochain. Le Premier ministre s’active pour défendre son bilan, que ce soit dans la presse étrangère et/ou dans la presse de son parti. Il ne rate plus les occasions pour mettre en avant les résultats du travail de son équipe. Cette fois-ci, c’est l’économique qui en est la vedette.
Mercredi 20 février, il a sorti l’artillerie lourde devant les adhérents de l’Association Ribat Al Fath, à l’occasion d’une rencontre sous le thème «Le Maroc du renouveau». Un discours de six pages qui traite entre autres de la situation économique d’avant et après l’alternance.
D’emblée, le chef du gouvernement indique que la croissance économique a été en moyenne annuelle de 3,8% entre 1998 et 2001, alors que pour la période 1993/1997, celle-ci se situait autour de 2,6%. Au niveau de la dette extérieure publique, celle-ci a été ramenée, précise le Premier ministre, à 14,2 milliards de dollars en 2001 contre 19,1 milliards en 1998. Sans pourtant des détails sur la dette intérieure, M. Youssoufi souligne qu’elle a augmenté de façon conséquente. Et de poursuivre que le rapport de la dette publique globale au PIB a régressé. Pour la période 98/2001, 7 milliards de dollars d’investissements étrangers ont été déployés au Maroc. Quelle lecture faire de ces chiffres ? Que l’alternance a gagné son pari économique ? Les avis sont partagés.
Dans son bilan, le chef de l’exécutif s’est surtout focalisé sur les performances de l’année 2001. Au cours de cette année, le taux de croissance a progressé de 6,5%. Pour la même période, les investissements étrangers ont atteint 33 milliards de DH. Quant à l’inflation, elle a été contenue en deçà de 1%. Le Premier ministre estime que les avoirs extérieurs de Bank Al-Maghrib n’avaient jamais atteint un niveau aussi élevé, soit près de 100 milliards de DH. Ajouté à cela, la hausse de 28% des transferts des résidents marocains à l’étranger.
Même armé d’une armada de chiffres aux « clignotants verts », M. Youssoufi a tenu à faire une précision de taille. « Il ne faut surtout pas voir en cette présentation une quelconque forme d’autosatisfaction », pour reprendre ses propos. Allusion faite à l’ampleur des inégalités sociales.

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