Zaki Youssef : Au-delà de 2014-2015, la station balnéaire de Saidia prendra un autre visage

Zaki Youssef  : Au-delà de 2014-2015,  la station  balnéaire de Saidia prendra un autre  visage

ALM : Cela fait trois ans que vous êtes à la tête du CPT. Le développement de la station balnéaire de la ville de Saidia occupe une place importante dans votre stratégie. Seulement, il était prévu que l’activité économique dans cette station dure toute l’année mais l’on constate aujourd’hui qu’il s’agit plus d’une station fantôme qu’autre chose. Où se situe l’erreur?
Zaki Youssef : L’activité démarre plus lentement que prévu mais je reste optimiste. Avant, la région a été marginalisée, nous nous sentions honnêtement en dehors de l’espace économique. Aujourd’hui nous avons eu notre part de gâteau avec la station balnéaire de la ville de Saidia.
Je crois que cette station est une véritable locomotive de la région de Berkane puisqu’elle en fait partie. Economiquement, les retombées sont bonnes durant l’été, mais  nous avons du mal à maintenir une même cadence en dehors de la saison estivale mais il faut dire que beaucoup d’efforts restent à faire. Pour ce qui est de l’erreur commise, elle consiste en le fait de ne pas avoir mené une politique de développement de l’arrière-pays en parallèle avec la station balnéaire. Sans cela, nous ne pouvons pas atteindre nos ambitions. Je pense qu’au-delà de 2014-2015, cette station prendra un autre visage. Il y aura une amélioration totale avec les projets qui vont bientôt être réalisés. La station se dotera d’un aquapark, d’un centre sportif, d’un autre centre de conférence et connaîtra ainsi d’autres activités qui ne seront pas sans raviver cette station.

Quelles sont les niches d’investissement qu’il reste à exploiter dans la région de l’Oriental, notamment celle de Berkane?
Tout reste à exploiter. Il faut commencer par valoriser les sites, les gites, les gorges, les montagnes de Beni Znassen et les produits de terroir. L’agriculture est fortement liée au tourisme.  Nous avons une grande potentialité pour arriver à développer un tourisme durable. Ici, comme c’était le cas pour la station balnéaire de Saidia, il est aux décideurs de prendre les choses en main et de mettre les moyens nécessaires pour un développement efficace de la région afin qu’elle soit une destination à la hauteur. C’est aussi d’un effort collectif que cette région a besoin. Le privé comme le public doivent mettre la main à la pâte. A côté de cela, le tourisme cultuel est un produit très intéressant à exploiter. La zaouia Boutchichia accueille annuellement un nombre extrêmement important de visiteurs du monde entier. Il est dommage de ne pas capitaliser sur cela. D’ailleurs à l’occasion de l’Aïd Al Maoulid qui se tient en même temps que les comices de Berkane, et d’après les dernières statistiques, la totalité des hôtels à Berkane affichent complet, ceux d’Oujda et de Saidia ont un taux d’occupation important également.  

Estimez-vous que l’agropôle dont la région s’est récemment dotée a son rôle à jouer dans l’amélioration de sa dynamique?
C’est bien évidemment un grand atout pour la région. C’est un surplus qui jouera un grand rôle dans l’attraction des investisseurs étrangers. Sa proximité de la région balnéaire pourrait à long terme transformer cette dernière en une destination d’affaires également.  A l’heure actuelle, on peut dire qu’en gros, ça va mal mais je reste très optimiste. Je suis convaincu que nous ne sommes pas loin des résultats. Il suffit d’impliquer davantage les professionnels du tourisme dans tout ce qui est décisionnel. Chose qui manque énormément.

Est-ce qu’on manque de professionnels et de compétences pour ce qui est du tourisme?
A vrai dire, nous n’avons pas besoin de main-d’œuvre en quantité. C’est la qualité des prestations qui manque aujourd’hui. L’obstacle qui se pose également est le fait que l’on ne peut pas se permettre de former le personnel, surtout à Saidia, alors que les établissements touristiques n’ouvrent pas leurs portes tout au long de l’année. Nous avons besoin d’accompagner le personnel d’une formation continue, chose qui est difficile à réaliser quand l’activité en soi est temporaire.

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