À Maroc nouveau, hommes nouveaux

À Maroc nouveau, hommes nouveaux

On prête à Driss Jettou, et on lui prête beaucoup ces derniers temps, de ne pas vouloir prendre dans son gouvernement des ex-ministres. Si ce choix se confirme, le Premier ministre aura pris une bonne décision. Une excellente.
Les talents et les compétences ne manquent pas dans notre pays. Il serait dommage que l’on continue à recycler le même personnel pendant des décennies, pour certains, comme si le temps s’était arrêté. Au-delà des partis, dans leur périphérie, dans leurs marges, il existe un potentiel à mettre en valeur. Même au niveau de la technocratie, la donne a changé. De nouvelles générations ont débarqué, bardées de diplômes et de certitudes, et qui n’ont rien à envier à la technostructure de la première heure que l’on veut toujours présenter comme le vecteur exclusif de la compétence, de la jeunesse et de l’efficacité.
L’occasion est effectivement à saisir. Driss Jettou devra faire de la constitution de son gouvernement le premier signal fort du début de sa primature. Il aura certainement à subir la pression des partis politiques avec leurs cohortes de ministrables plus ou moins douteux, plus ou moins compétents ou plus ou moins pistonnés. Il aura à supporter l’influence des apparatchiks, qui ont toujours le nom d’un protégé ou d’un obligé à soumettre, et le reste est à l’avenant.
L’opinion publique veut de l’air, de l’oxygène, des compétences nouvelles et de l’intelligence. Ceux qui pourront continuer et faire vivre le changement ne peuvent se recruter, désormais, ni dans les cénacles d’influence, ni dans les coteries décisionnelles, ni, encore moins, dans les sphères « népotiques » anoblies qui ont objectivement produit des scandales comme celui de la BCP, du CIH, de la CNCA, de la CNSS, de l’ANAPEC ou celui des minotiers.
Pour aller de l’avant, il ne faudrait pas réhabiliter les figures usées, stigmatisées ou délétères d’un passé qu’il faut absolument dépasser, aujourd’hui, par la hardiesse, l’imagination et le courage. Se compromettre dans des rafistolages de cette nature, c’est vider de sa substance toute la volonté royale telle qu’elle s’est exprimée à travers, justement, la nomination de Driss Jettou et par le discours royal d’ouverture de la nouvelle législature. Le Souverain a dit que le Maroc a besoin de tous ses fils, alors il faut aller les chercher là où ils sont. Si cette ligne n’est pas rigoureusement suivie, tout le bénéfice de cette dynamique, utile et nécessaire, sera perdu en un clin d’oeil. C’est dans les six premiers mois que Driss Jettou devra construire le socle du changement, au-delà ; ça sera trop tard.

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