Abdelaziz, Aznar et les autres…

Abdelaziz à Madrid. Le comportement de Abdelaziz El Marrakchi, cette semaine, lors de son voyage en Espagne est très étonnant, voire, à certains égards, humiliant pour ses hôtes. Le patron des mercenaires séparatistes a fait de l’ingérence dans les affaires politiques espagnoles une stratégie déclarée. Il chapitre Zapatero, il sermonne Moratinos, il culpabilise le PSOE, Il stigmatise les députés, il harcèle les journalistes et, finalement, il fait «pleurer» l’opinion publique en mettant en avant, d’une manière indigne, les 9 000 jeunes Sahraouis en vacances en Espagne. Soutenu à bout de bras par la diplomatie algérienne qui a mis tous les appareils de l’État à son service, il fait ce qu’il veut, c’est-à-dire ce que ses maîtres lui ont demandé de faire. Bien sûr cela nous attriste pour une Espagne qui n’arrive pas à se départir d’une certaine culpabilité coloniale et qui se réfugie dans une fuite en avant «séparatiste» contraire à ses intérêts fondamentaux. N’empêche que le gouvernement légitime de l’Espagne a su, malgré une pression extraordinaire, maintenir le cap en refusant de se soumettre au terrorisme moral et politique exercé par le mercenaire de Tindouf qui a exploité sans vergogne, et jusqu’au ridicule, les antagonismes politiques inhérents à toute vie démocratique.
Aznar à Tindouf. Dans ce contexte particulier, on comprend bien que le Parti populaire espagnol, encore sonné par sa cuisante défaite électorale, veuille faire feu de tout bois. Son opposition au gouvernement de Zapatero ne se réalise vraiment que dans une surenchère obsessionnelle anti-marocaine. Si José Maria Aznar ne conçoit le libre exercice de la démocratie qu’au détriment des vrais intérêts de son pays, cela se comprend d’autant plus que cette posture stérile et dangereuse est à l’origine de son naufrage politique. La manipulation et le mensonge ont été sanctionnés par les électeurs espagnols, mais cela ne l’empêche pas de continuer à user des mêmes «vertus» une fois dans l’opposition. L’homme politique le plus calamiteux de l’histoire moderne de l’Espagne a fait état d’une convergence de vue avec le mercenaire d’Alger. Cela se traduira probablement par un voyage d’Aznar à Tindouf. Il peut être présent à Tindouf, ça le regarde, mais il va bien falloir qu’il explique un jour aux Espagnols pourquoi, entre d’autres projets d’envergure, leur pays est, par exemple, absent d’un projet comme Tanger-Med. C’est du pur Aznar, sa paranoïa mesquine passe avant les intérêts de son pays.
Douste-Blazy à Casablanca. Quand le ministre français des Affaires étrangères a déclaré à Casablanca que la question du Sahara marocain devrait pouvoir se régler par un dialogue entre Alger et Rabat, le pouvoir actuel algérien s’en est ému. Abdelaziz El Marrakchi sait qu’il est la marionnette des généraux algériens. L’autre Abdelaziz, Bouteflika, sait également que le polisario est depuis trente ans sa chose. Tout le monde sait que cette affaire est algérienne de bout en bout au point que sans elle, l’incurie du pouvoir algérien se dévoilera instantanément au grand jour. «L’ennemi marocain» continuera-t-il jusqu’à quand à servir à masquer -non pas le sort du peuple sahraoui, un leurre- mais la spoliation du peuple algérien à qui on a confisqué sa révolution, ses richesses, sa dignité et même son voisinage naturel. L’affaire du Sahara marocain arrange le pouvoir algérien. Il en fait un écran de fumée pour ne pas avoir un jour à rendre des comptes. Mais comme les rivières reviennent toujours dans leur lit, au Maghreb les choses rentreront, un jour, dans leur ordre naturel. On peut entretenir une supercherie avec l’argent du pétrole, mais on ne peut jamais trahir son pays impunément.

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