Barrez-moi

Barrez-moi

À cinq jours des élections législatives, la campagne se traîne en longueur. Que dit-on ? Il n’y a pas d’ambiance comme par le passé. Les rues sont calmes. Les distributeurs de tracts des candidats sont lisses. Ça manque de tapage. Les circonscriptions sont trop grandes pour motiver tout le monde. En fait, rien ne marche comme autrefois. Ce constat, qui est loin d’être banal, décrit finalement assez bien la manière dont se déroule cette première campagne avec ce mode de scrutin.
On peut retenir plusieurs raisons pour expliquer cet état de fait. Au-delà du bulletin unique et de l’encre indélébile, l’immensité des circonscriptions rend vaine toute entreprise directe d’achat de voix. À qui donner et pour quel résultat ? Ils sont tellement nombreux que l’on ne sait même pas à qui l’on s’adresse. Des candidats sérieux tiennent ce discours. Ils n’en peuvent mais. Deuxièmement, l’argent, dans la plupart des cas, a été dépensé pour l’achat des têtes de liste. Et comme c’est l’argent qui, par le passé, aidait à créer les bonnes vieilles ambiances électorales, vous voyez maintenant le résultat. Ensuite, les chioukhs, les mokadems, les caïds, etc. participaient beaucoup à cette ambiance. Aujourd’hui, ils sont coincés. Tenus fermement à distance par Driss Jettou, ils préfèrent, malgré l’appât du gain, ne pas mettre définitivement leur carrière en jeu. L’on voit bien dans ces conditions que sans l’apport des ambianceurs professionnels de l’Intérieur, la fête est un peu plombée. Qui s’en plaint ?
Un gouverneur est tombé à Azilal . Dans un parallélisme des formes à peu près égal, un commissaire de police a suivi à Casablanca. La DGSN ne voulait pas être en reste. Le préfet de police Bouchaib Rmail, de Casablanca a dégainé le premier. Un gouverneur d’un côté, un commissaire de l’autre, balle au centre. Ce n’est pas de la bonne, de la saine et de la transparente ambiance, tout ça ? Résultat des courses : presque tout le monde se tient à carreau. Cela n’empêche pas certains candidats de faire les malins. Un député sortant, toujours candidat à la même circonscription, aurait réuni des grands électeurs pour leur tenir le discours suivant : «Je n’ai rien fait pour vous. J’ai été un mauvais député. J’ai trahi votre confiance à tous. Pour me punir, je vous demande une seule chose : le 27 septembre, : barrez le logo de mon parti. Mettez une croix dessus. Comme cela, vous n’entendrez plus parler de moi au moins pendant cinq ans.» Le salaud, le filou, le margoulin. Il va les avoir encore une fois. En toute transparence.

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