Bonjour

Un récent colloque tenu à Rabat a consacré ses travaux au sujet de «La réforme du secteur de sécurité dans le monde arabe». Un intérêt louable et un sujet crucial. Il faut, bien évidemment, remercier Abdellah Saaf et son Centre d’études et de recherches en sciences sociales (CERSS). Il n’empêche qu’à la faveur de cette rencontre et compte tenu de la qualité et de la nature des intervenants — des discours  institutionnels convenus encore marqués par la prudence et la timidité — du chemin reste à faire. Comment enraciner les pratiques sécuritaires dans le terreau de culture des droits de l’Homme et dans le cadre des exigences de l’Etat de droit ? Quel est le périmètre réel, et reformulé dans le cadre d’une démocratie en construction, des questions de sécurité ? Comment faire porter par les appareils de sécurité, également, les projets de société moderne et démocratique, en cours de consolidation? Ce sont des questions de fond auxquelles les chercheurs du CERSS sont habitués mais qui demeurent très problématiques dans la sphère sécuritaire arabe. Au Maroc on oppose, souvent, et à des niveaux officiels parfois inattendus, la démocratie à la sécurité nationale, la liberté d’expression à la stabilité du régime, et les impératifs de l’Etat de droit à la volonté de fragiliser l’Etat tout court. Ce sont-là des malentendus ontologiques, ou fondateurs, qui retardent, plus que nécessaire, la transition vers la démocratie mais qui, surtout, la rendent inutilement difficile, pénible et douloureuse pour tout le monde. L’arrière-pensée de Abdellah Saaf, car il en a toujours une en tant que chercheur émérite et capé, est de questionner d’une manière oblique le Etats arabes sur le choix de la démocratie. Globalement, la réponse de ceux-ci n’est pas, encore, convaincante.

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