Bonjour

La brouille entre la RAM et le Sénégal prend un tour judiciaire inattendu. Le sort même de la Compagnie ASI (Air Sénégal International), objet du litige, ne justifie pas à lui seul ce tohu-bohu. Il est vrai que la question de la gouvernance de ASI aurait pu être tranchée par un Conseil d’administration ou par un arbitrage de haut niveau qu’autorise largement la qualité des relations maroco-sénégalaises. Alors pourquoi les choses dérapent-elles ? Première donnée: la Présidence sénégalaise ne semble pas gérer directement ce dossier. Il serait entre les mains d’un groupe d’intérêt autonome qui a choisi la voie de la surenchère. L’affaire de ASI sert, manifestement, de marqueur dans des rapports de force internes. Deuxième donnée, conséquente de la première : cette situation pour le moins confuse ne permet pas au Palais d’intervenir pour aider à trouver une solution juste et équitable car il n’a pas d’interlocuteur qualifié. Si le dossier relevait directement des deux chefs d’État, ils auraient, sans conteste, trouvé la solution appropriée. SM le Roi et le Président Wade ont ensemble toutes les ressources pour pousser au dépassement de ce conflit privé dont les relations bilatérales peuvent largement se passer. Il est tout de même assez paradoxal de retenir par voie judiciaire, sous peine d’astreinte, un partenaire auquel un congé a été signifié de la manière la plus formelle. La mariée était probablement trop belle, mais nul n’est tenu à une vie conjugale régie uniquement par la conflictualité. La chanson est connue : «Il faut savoir quitter la table lorsque l’amour est desservi…».

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