Bonjour

Une première. L’Etat recule devant des voyous. Ceux qui, en l’absence étonnante des forces publiques,  ont organisé des piquets de grève illégaux, interdit la liberté de travail et violenté les non-grévistes ont gagné. La capitulation en rase campagne du gouvernement et du Parlement face aux lobbies interlopes du transport est une honte nationale. Une défaite de la démocratie face aux corporatismes les plus rétrogrades. Ce précédent est véritablement dangereux. Une minorité impose ses conditions, et la majorité se couche. Quel type, alors, de réforme pouvons-nous engager à l’avenir quand on abandonne toute velléité de modernisation du pays face à des réseaux mafieux ? Quel débat entretenir quand on donne une prime à la violence ? Et de quelle légitimité gouvernementale se prévaloir quand celle de la rue, et pas n’importe laquelle, impose ses droits ? Ce projet de Code de la route a fait de nombreuses victimes avant de voir le jour. S’il voit le jour, un jour! Dix Marocains continueront de mourir quotidiennement à cause de cette forfaiture. Sur le plan politique, c’est la première faute grave et lourde du gouvernement de Abbas El Fassi qui jusqu’à présent a su gérer des situations autrement plus complexes et plus décisives pour le pays. Le repli stratégique est une chose. Le recul tactique en est une autre. Mais la capitulation et la reddition de l’État devant les franges les moins attachées au progrès, à l’Etat de droit et à la démocratie constituent un message terrible adressé à la nation. Les conséquences politiques de cette situation désastreuse doivent être tirées au plus vite. Sinon, c’est la fin des haricots…

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