Bonjour

Qui veut pousser Abbas El Fassi vers la sortie ? L’impression générale qui se dégage du grave cafouillis «institutionnel» qui a entouré cette scabreuse affaire de la grève poujadiste des transporteurs laisserait croire que le Premier ministre est visé. Une impuissance ostentatoire, et théorisée, de la puissance publique. Un arc syndical dont la motivation politique profonde semble aujourd’hui dépasser la question des transports. Des dégâts économiques considérables mais qui ne suscitent aucune réaction rapide et d’envergure. L’intrusion tapageuse de la désormais reine des institutions dans le débat : la deuxième Chambre. L’assurance étonnante d’un Mâati Benkaddour, président intérimaire,  qui joue un rôle soufflé plus grand que lui. La «nanisation» —  réduction à la taille d’un nain adulte — du gouvernement, etc. Si le but de la manœuvre est de montrer à l’opinion publique «apeurée» que le gouvernement de Abbas El Fassi, dans son ensemble, produit de la «pesante» méthodologie démocratique, ne fait plus l’affaire, c’est presque gagné. Maintenant si cette théorie s’avère la bonne, à qui profiterait ce complot ? Qui sera le sauveur ? Qui va venir nous apporter, après l’anarchie, l’ordre et la stabilité? Là, les candidats sont nombreux. Du remaniement partiel au large remaniement en passant par le changement du Premier ministre lui-même, chaque cas de figure a, actuellement, ses défenseurs  privilégiés. Il y a les  pressés qui veulent faire correspondre d’urgence leur destin irrésistible à celui, chaotique, de la nation. Ceux qui demandent le rééquilibrage. Ceux qui revendiquent leur place naturelle. Ceux qui veulent faire correspondre leur poids moral à leur faiblesse électorale, et inversement. Ceux qui veulent monnayer immédiatement leur entrée triomphale dans le jeu politique, etc. Il y en a pour tous les goûts.

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