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La victoire de Fathallah Oualalou à la mairie de Rabat sauve la face des socialistes marocains. Les grands perdants de ces élections communales minimisent les dégâts en prenant la magistrature de la capitale du pays, et celle du Souss, Agadir, avec Tarek Kabbaj. Dans ces deux métropoles, il y avait des majorités de substitution, menées notamment par l’irrésistible PAM, qui ont pesé de toutes leurs forces. Quelles leçons tirer de ces deux victoires ? Ce qu’il faut dire simplement c’est que dans la conjoncture politique, extrêmement confuse, que nous vivons du fait de l’intrusion du PAM dans le jeu électoral, l’USFP n’a pu gagner des postes qu’en s’alliant au PJD. Cette alliance de revers, entre socialistes et islamistes, aujourd’hui possible, n’a été imaginable, et permise, que parce qu’un ennemi commun a permis, non pas un alignement idéologique, librement théorisé et consenti, mais un alignement électoral, dans l’urgence et la catastrophe, entre les deux partis. La peur du loup peut inspirer parfois des réflexes de survie à un troupeau égaré. Il reste que ces élections locales ont mis à bas tout l’échafaudage politique qui a été patiemment construit par le Maroc ces dernières années. Nous sommes sortis de tous les schémas et de toutes les configurations qui pouvaient donner de la substance à une transition vers la démocratie. Le désir subit, impérieux et vital de l’ami du Roi d’entrer en politique, a rebattu toutes les cartes. Cet acteur politique surprise jouissant — lui aussi, peut-être plus que d’autres — de la confiance royale, et possédant les boîtes noires, un trésor électoral inestimable, du ministère de l’Intérieur qu’il a dirigé pendant des années, est véritablement un acteur politique hors normes, hors gabarit et hors compétition. Difficile, dans ce cas, d’engager un combat à la loyale…

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