Bonjour

La condamnation par Kadhafi, par le truchement de la justice marocaine, de trois quotidiens marocains est une manière pour lui d’exporter dans notre pays son modèle anti-démocratique et liberticide. Le comble c’est que l’État marocain a laissé faire. Mieux, il lui a facilité les choses en se rendant complice d’un jugement inique, disproportionné et régressif. Que la fragile expérience démocratique marocaine et sa précieuse et singulière liberté d’expression soient attaquées de l’extérieur par un personnage qui n’est ni un modèle de vertu politique, ni un parangon de la démocratie, ni un chantre engagé de la liberté d’expression et de conscience est un comble. L’état de droit ne doit pas permettre ce type de manœuvres politico-diplomatiques qui prennent la justice en otage et mettent en danger la liberté dans notre pays. La construction de la démocratie ne doit pas être contrariée par un personnage qui est pour le moins que l’on puisse dire original. La construction de la démocratie est une affaire sérieuse qui doit être prise comme telle. On n’utilise pas la justice, la condamnation de la presse, l’humiliation de toute profession pour faire plaisir à tel ou tel chef d’état lunatique ou instable. Jamais le Maroc quand il a fait l’objet d’attaques frontales de la presse, notamment française ou espagnole, — et elles ont atteint des niveaux paroxystiques — n’a bénéficié d’une procédure de cette nature comme celle que nous offrons aujourd’hui à Kadhafi. Nous avons toujours été renvoyés vers les rédactions incriminées au motif que la presse est indépendante et que l’état ne peut s’immiscer dans ses affaires. Nous on se cache derrière nos oreilles, on met en œuvre une politique pénale liberticide et on envoie la liberté au pilori. Bravo.

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