Bonjour

La famille Mimouni est persécutée par la faucheuse. Après la mère Dalila, premier cas mortel de la grippe porcine en Espagne, son bébé vient de succomber  à «une erreur professionnelle» dans un hôpital madrilène. Le directeur de l’établissement hospitalier reconnaît les faits sans ambages. Il assumera toutes ses responsabilités sans chercher aucune excuse. Voilà qui est net. Dans le drame absolu qu’est en train de vivre cette famille marocaine, cette petite éclaircie éthique — si l’on peut dire — rend un peu justice à la médecine espagnole. En attendant que la justice tout court soit rendue de la manière la plus solennelle, et la plus humaine, à ces victimes d’un sort injuste dans lequel la main de l’homme n’est pas totalement étrangère ou innocente. La fièvre A/H1N1 est une grande faucheuse. En sourdine, elle avance. Si son intensité baisse dans l’ensemble, sa résurgence, ici ou là, a quelque chose de foudroyant. Il n’est pas sûr que l’on soit tout à fait dans la mesure des performances de ce virus. Il n’est jamais aussi puissant que quand il se fait oublier. Il ressort encore plus fort et dans des endroits inattendus. Chez nous, où le poids du destin sert de prophylaxie, on ne s’embarrasse pas de l’omnipotence d’un virus. Dieu est plus grand, certes, mais la santé publique, c’est-à-dire celle des croyants, doit être sacrée. Alors prions pour que nous ayons suffisamment de Tamiflu, et prions, encore, pour que l’étanchéité proverbiale de nos frontières ne soit pas démentie, à notre corps défendant, par notre hospitalité, tout aussi, légendaire.

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