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Ils étaient dix en compétition. Un seul a gagné, au premier tour. Les autres, tous les autres, ont dû se partager ce qui reste des 52,58% obtenus par le gagnant. L’affaire a été rondement menée. Depuis le coup d’Etat de rectification au retour à la case des urnes, celle du processus démocratique, de longs mois se sont passés. En Mauritanie, Mohamed Ould Abdel Aziz, auteur de la rectification au détriment du président légitime Sidi Ould Cheikh Abdellahi, a gagné les élections présidentielles après 10 mois de turbulences. Son audace anticonstitutionnelle a fini par payer puisque sa situation vient d’être régularisée par les électeurs de la manière la plus nette. Que penser, au final, de cette situation ? Au-delà de la pétition de principe, de plus en plus affirmée, qui veut qu’aujourd’hui en Afrique aucun coup d’Etat ne doit profiter à un putschiste, la communauté internationale, avec une remarquable médiation sénégalaise, a assez bien manœuvré en Mauritanie. Le principe est sauf, même si le retour à la normalité démocratique profite, essentiellement et principalement, à l’auteur du coup d’Etat rectificatif. Le blanchiment démocratique a opéré sous l’examen attentif des observateurs et fait aujourd’hui du président Aziz, fraîchement élu, un président plus blanc que blanc. La démocratie, même quand elle se fait parfois bousculer, à ses dépens, peut trouver du plaisir à la vigueur nouvelle d’un prétendant émoustillé. N’empêche que sur le fond, les Mauritaniens ont fait le choix de la paix civile, de l’intelligence nationale  et du retour au processus démocratique. Il ne leur reste plus, pour l’avenir, qu’à consolider la démocratie et à en finir avec les démons de la rectification épisodique.

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