Bonjour

C’est comme si le champ politique marocain était pris de convulsions. Intenses, saccadées, répétitives. Un corps secoué par des décharges électriques, démembré, allant dans tous les sens. Se crispant et se détendant à une grande vitesse sans cohérence. Cela dure, en fait, depuis un moment. Mais ces derniers temps, le rythme est devenu paroxystique. C’est la mise à niveau du champ politique national nous dit-on. On veut bien le croire si on trouve des éléments qui corroborent le fait que nous sommes face à une vraie politique pensée, structurée, de redressement ou de consolidation. Les acteurs politiques eux-mêmes, pour la plupart apeurés ou intimidés, ont perdu le code, les repères, le cap. Personne ne sait plus où l’on va, sur la base de quelle stratégie et pour quels objectifs. Sauf que les hommes du présent ressemblent furieusement aux hommes du passé. Les partis d’aujourd’hui sont les clones de ceux d’hier. Idem, pour les leaders, les militants et les cadres. C’est valable aussi pour les discours, les slogans et les messages. Le renouveau a la couleur du déjà-vu. Les pratiques, les postures, les dispositifs mentaux eux-mêmes sont dans la réplique, la duplication ou le mimétisme de figures usées par le temps et les échecs, répétés et cinglants, d’autrefois. La politique dans un vieil état comme le nôtre, avec sa monarchie multiséculaire, ne se construit pas sur une «tabula rasa», sur du néant, sur une terre brulée où aucune expérience ne peut survivre ou perdurer. Le volontarisme a ses limites. Celles de la validation de ses étapes. Celles qu’imposent notre culture, notre histoire et, surtout, notre vivre-ensemble. L’expérimentation politique actuellement en cours dans notre pays est dangereuse. Pourquoi ? Parce que le corps politique ne peut pas résister à une dépressurisation aussi forte. Parce que la transformation politique est vaine, si elle ne s’appuie pas sur la société et sur des forces sociales en mouvement, réelles et authentiques. Parce que, finalement, à trop s’appuyer sur l’Etat pour forger ex-nihilo un projet politique partisan, on court le risque de discréditer l’Etat en lui faisant perdre sa neutralité, sa hauteur, son impartialité, son équidistance avec les acteurs et, finalement, de préparer le lit d’une régression certaine.

loading...
loading...

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *