Bonjour

La rencontre de Durnstein en Autriche entre le Maroc et le Polisario vient de se terminer. Les protagonistes sont d’accord sur une seule chose, celle de se revoir. Au point où en est ce conflit depuis plus de trois décennies, ce maigre acquis constitue un avantage considérable, sur le plan notamment psychologique, à mettre au crédit de Christopher Ross, le nouveau représentant du SG de l’ONU. Le Polisario déclare être disposé à parler de tout sauf du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Le Maroc est prêt à tout négocier, et avec une volonté d’ouverture d’esprit totale pouvant déboucher sur une large autonomie, à l’exclusion du principe intangible de son intégrité territoriale et de son unité nationale dans un cadre monarchique. Cela fait des années que les acteurs de ce drame régional, une vraie guerre froide maghrébine, se voient pour réitérer des pétitions de principe. La seule nouveauté, et elle est de taille, c’est la proposition marocaine d’autonomie. Cette offre de paix sérieuse a ouvert une brèche dans la stratégie séparatiste telle qu’elle est animée et financée par le pouvoir algérien depuis 1975. Mieux, le soutien désormais direct de la France, l’Espagne et des USA à cette proposition suscite des espoirs réels de solution à ce conflit inutile et au coût exorbitant au regard de l’intégration régionale qu’il bloque. La politique des petits pas de Christopher Ross, un dispositif diplomatique assez intelligent, serait plus productive si les séparatistes bénéficiaient d’un certain degré d’autonomie par rapport à leurs tuteurs algériens. Or la dépendance totale de la direction actuelle du Polisario d’Alger limite à l’évidence les bénéfices escomptés par le diplomate américain de cette démarche. Les pourparlers informels devraient préparer des négociations formelles mais il ne faut plus continuer davantage à se tromper d’interlocuteurs. Le formalisme qui consiste à faire croire que le Polisario est porteur d’un projet «national» qui peut, demain, s’exprimer dans un étatique est une supercherie et une imposture. Il faut, comme dirait ce cher Peter van Walsum, revenir à des options plus réalistes. Et cela Ross le sait.

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