Bonjour

Le télescopage attendu entre le mois de Ramadan et la saison estivale aura une incidence économique inévitable. Les deux périodes étant connues chez nous pour être des pics de paresse et d’absence de rentabilité. En été, on travaille peu, le jeûne va multiplier par deux cet effet. Une performance nationale. On travaillera deux mois pour gagner plus de droit au repos. L’affaire a l’air, comme cela, un peu drôle mais ses effets sont vraiment calamiteux. A force de dénégations magiques, on n’a pas pu éloigner le spectre de la crise. On y est maintenant. Ses effets, eux, sont à présent mesurables dans tous les secteurs. Si on leur ajoute le tunnel de torpeur dans lequel on s’apprête à entrer, nous sommes sûrs qu’à la sortie nous serons totalement lessivés. Que faire ? Il faut prier. Le mois de Ramadan se prête formidablement bien à l’exercice. Au moins sur cette activité saisonnière — la prière pendant le moins de Ramadan — nous faisons le plein. Les mosquées sont bondées. Derrière, pratiquement, chaque jeûneur, qu’il soit makhzenien repenti ou nihiliste sincère, se cache un prieur moderniste et démocrate en djellaba, toute foi dehors. Les mosquées qui marchent ont un marketing divin. Un sacré mix. Qualité du produit, packaging, nature de l’offre, service après-vente, communication, etc. Une affaire qui marche mais qui contribue peu au PIB. Elle conforte, certes, le PNB moral de la nation mais elle ne fait pas bouger avantageusement le taux de croissance. Par contre à la Bourse des valeurs immatérielles, l’indice explose. Les actions (les bonnes) et les obligations (rituelles) flambent. Les plus malins vendent à la baisse, et les plus pauvres achètent à la hausse. Le marché de Dieu est d’une infinie bonté. Tout le monde trouve son compte.

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