Bonjour

Le Maroc va-t-il prendre, cette fois-ci, le taureau par les cornes ? Va-t-il enfin s’attaquer au fléau qui le mine — qui mine tous ses projets et qui annihile tous ses efforts —, à savoir l’état de sa justice. Le discours royal du 20 août met la réforme de la justice au rang des priorités nationales, et ce, de la manière la plus formelle et la plus solennelle qui soit. Le signal est fort et le message est sans équivoque. Les maux sont nommés. Un plan esquissé. Et une stratégie annoncée. Il est vrai que le Maroc nouveau, celui de Mohammed VI, ne peut se projeter avec efficience dans l’avenir — au moins pour les dix prochaines années— sans aborder, aujourd’hui frontalement, la question vitale de la réforme de la justice. L’héritage est lourd. La situation est très dégradée malgré une multiplication, ces dernières années, de réformes tâtonnantes, partielles ou superficielles. Aucun Premier ministre, aucun gouvernement, aucun ministre de la Justice, sauf peut-être, et encore, les timides tentatives de Omar Azziman — quelques saillies sur la corruption endémique des juges —, n’ont pu venir à bout de cette plaie nationale. Nos partenaires, tous, européens et américains, ceux avec lesquels nous sommes liés par des accords avancés, nous répètent inlassablement et franchement que l’état de la justice marocaine est le vrai frein à la modernisation et au développement du pays. La justice est la clé de l’Etat de droit. Sans une justice à la hauteur des ambitions de ce pays, et des exigences de ses citoyens, nous resterons, encore pour longtemps,  une nation qui, in fine, tourne le dos à la démocratie, à la liberté d’expression, à l’égalité, à la croissance, au développement durable, aux valeurs universelles des droits de l’Homme, etc. Tout converge vers cette question, elle est centrale. Cela fait plus de 50 ans que nous tournons autour sans la trancher véritablement. C’est cela, peut-être, le vrai choix de société.

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