Carte postâne

Son Excellence Abdelaziz Bouteflika, le président de la République algérienne démocratique et populaire, reçoit le monde arabe pour un sommet à la gloire de notre génie multiséculaire.
Qui mieux que Son Excellence pouvait fédérer, rassembler, unir en un seul geste ample, généreux et magnanime une nation arabe qui tourne le dos à la modernité, avec courage et certitude ? Qui mieux que l’illustre inventeur de la Concorde nationale algérienne pouvait insuffler, avec vigueur et promptitude, dans les bronches de notre corps chétif l’air frais de l’entente, de l’intelligence et de la paix éternelle ?
L’Histoire contemporaine et immédiate saura, autant que l’Histoire des temps anciens et à venir, reconnaître à Sa Seigneurie l’effort incommensurable qu’il déploie, dans sa grande mansuétude, pour fusionner d’amour les cœurs meurtris, dissoudre dans la vertu les âmes égarées, agglomérer les passions éparses et agglutiner les désirs volages en un plaisir collectif et fécond.
Gloire, donc, à Sa Haute Altitude, à Sa Sérénissime Sérénité, à Sa Magnificence, et à sa Porte sublime. Sidi Abdelaziz Bouteflika, le Saint des saints au moussem universel, le rebouteux de la pensée défaillante, le cautère de nos fractures ouvertes, le soutien de nos gorges serrées, le don fabuleux fait par le Très-Haut à notre destin commun.
Sidi Abdelaziz Bouteflika, guéris-nous, exorcise nos peurs, chasse nos démons, étanche nos soifs et habite nos esprits par tes vertus innombrables et incalculables. Vous qui êtes au sommet de tout, hissez notre Sommet arabe à la hauteur  de vos ambitions personnelles pour nous.
Oui, mes bien chers frères, je fais l’âne pour avoir du son. Sidi Abdelaziz Bouteflika, le saint homme, a toujours volé au secours des âmes qui braient. Faites comme moi : brayez!  Et reconnaissez vos insignifiances. Appartenons-lui de Tanger à Lagouira. Devenons, sa wilaya préférée. Donnons-lui le Rio de Oro et ses canyons. Intégrons-nous à son intégrité personnelle. Offrons-lui nos territoires arides, il en fera la Carte du Tendre. Puisse Dieu que Sidi accepte, dans son infinie modestie, nos dons désintéressés.   
Qui conteste depuis toujours la marocanité de notre Sahara ? Qui emprisonne nos frères à Tindouf ? Qui ferme les frontières devant nous ? Qui rejette nos mains tendues ? Qui empoisonne l’amitié entre nos peuples ? Vade retro Satanas !  Je ne laisserai pas le fiel du doute, l’amertume de la haine et  le venin de la rancœur ravager mon cœur et m’éloigner de la dévotion que je porte à Sidi Abdelaziz Bouteflika. Il est l’espoir et l’espérance de la vieille fille usée par l’attente, de l’épouse stérile qui doute de son couple bancal, de la femme illégitime rongée par la jalousie et de l’adolescente bousculée par ses hormones qui croit toujours à l’amour platonique. Aimons-le, ce noble Sidi, et tournons la page. Mes bien chers frères, croyez-moi : «Chantez l’âne, il vous fera des pets.»

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