C’est caïman méchant…

C’est caïman méchant…

Ce n’est pas l’histoire des trois petits cochons. Mais elle lui ressemble. C’est l’histoire de trois petites infos. Elles sont sans lien entre elles, assez éloignées l’une de l’autre, provenant de domaines très différents mais, comme on dit actuellement quand on veut frimer un alphabétisé récent, assez productrices de sens. Alors, produisons à bas prix et au moindre coût. Parmalat, le géant laitier italien est en faillite. Un trou de plus de 10 milliards de dirhams a été observé sans sonde spatiale dans sa comptabilité. Il a toujours eu des comptes certifiés, des commissaires aux comptes, des audits sérieuses et tout le bataclan préventif existant dans une entreprise formelle européenne à cheval sur le 20è et le 21è siècle. Rien n’y fit. Le trou noir est sidéral si l’on se réfère aux pensées du Sapeur Camembert. Plus c’est gros et moins c’est visible. Nos amis Ritals font toujours plus fort que les autres et, toujours, avec plus de panache. Il vaut mieux voler un boeuf que de s’ennuyer à marauder des oeufs pourris. Par le truchement d’une société offshore domiciliée dans les îles Caïmans, les bien-nommées, les requins aux dents longues du marigot managérial de Parmalat ont fait des opérations bidon – de lait – avec la Bank of America. Cette dernière réfute tout en bloc. Elle déclare n’avoir jamais vu ce fric. Voilà. Tout ce qu’on peut dire, avec certitude, à l’heure où nous mettons sous presse, c’est que ce pognon n’a pas été perdu pour tout le monde. Encore heureux ! La deuxième info concerne notre ami Messier ex-boss de Vivendi-Universal. Lui, son affaire est simple. Il a planté l’action de VU, ce qui a appauvri des milliers de petits porteurs qui se sont trouvés propriétaires de bouts de papier qui ne peuvent même pas contribuer efficacement à leur hygiène intime et personnelle. Messier, par sa gestion, qui a consisté à bidonner (encore !) les bilans et à livrer des écritures comptables apocryphes, les a torchés de plusieurs millions de dollars en ne leur laissant que les larmes pour pleurer. Comme les caïmans, les crocodiles pleurent aussi. Messier qui avait judicieusement prévu son éviction, s’est doté d’un parachute en béton de 210 millions de dirhams en cas de départ intempestif. Viré, il l’a été mais il n’aura rien. Il devra payer, quand même, de sa poche, une amende de 10 millions de dirhams. Quant aux porteurs, ils partageront la somme de plus de 500 millions de dirhams pour améliorer leur propreté personnelle. La troisième info qui nous intéresse, et qui n’a rien à voir, concerne les hôpitaux français. En gros, près de 50 000 Français par an y meurent en allant se faire soigner. Ils sont admis pour une chose, ils meurent pour une autre qu’ils attrapent sur place. Un virus, un microbe, un germe ou une spore enfin un truc qui flingue son homme. La justice française a, pour la première fois dans ce genre d’affaires, mis en examen des professeurs de médecine célèbres et leurs collaborateurs. Procès il y aura. Voilà pour nos trois petites histoires de ce jour. Le rapport avec nous autres ? Aucun. Sauf que chez nous, des histoires similaires n’existent pas. À ma connaissance, aucune société marocaine ne s’appelle Parmalat. Aucun manager marocain ne s’appelle Jean-Marie Messier. Et les malades marocains ne meurent jamais dans les hôpitaux marocains pour autre chose que ce pour quoi ils sont hospitalisés. Nous sommes bénis. Dormez bien bonnes gens, Dieu veille sur vous.

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