Considérations légères sur la ruine de l’âme

Considérations légères sur la ruine de l’âme

La politique mondiale se fait sur la base d’une guerre d’influence. Avoir ou pas une cause, avoir ou pas des arguments, avoir ou pas des principes ou des valeurs n’est plus la question. Le plus important c’est comment emballer et vendre tout cela. Il y a des pays qui sont devenus champions de ce sport international que l’on appelle communément chez les Anglo-saxons, le lobbying.
En fait, le lobbying fonctionne aussi au niveau national. Des corporations organisées et ayant une pleine conscience de leurs intérêts peuvent mettre dans leur ligne de mire des institutions, un Sénat, une assemblée régionale ou un Parlement pour faire valoir leurs idées et obtenir le gain d’une cause qui est souvent, au moins médiatiquement, désespérée.
Chez nous, apparemment, ni au plan national, ni sur le plan international, nous ne savons pas faire ce type de boulot. En tout cas, pas dans les règles de l’art.
À part notre diplomatie gastronomique, qui ne sort pas du triangle traditionnel Mamounia, pastilla et couscous aux sept légumes, à part, également, notre propension aux bisous chaleureusement naïfs et à part, finalement, notre tendance naturelle à entretenir sans efficacité, des listes protocolaires diplomatiques faites de personnalités «has been», de personnages aussi folkloriques que risibles, chez eux, et de «happy fews» démodés, nous ne savons presque rien faire. C’est un vrai problème.
Quand on apprend, soudainement lundi d’Oslo, que six «nobélisés» aiguillonnés par le groupe de soutien norvégien au Sahara occidental, demande l’organisation «d’un référendum sur l’indépendance» des Provinces marocaines du Sud, nous sommes, en effet, un peu ahuris.
Deux remarques. Comment se fait-il que ces doctes personnes ne savent pas que l’idée même de référendum, vraie, juste, équitable concernant tous les enfants du Sahara marocain est d’abord et surtout, marocaine. Que le refus de ce référendum, car il le conditionne au truquage indigne et éhonté de sa base électorale, est d’origine algérienne et il est verbalisé sur le plan de la forme par les mercenaires du Polisario ? Ces sommités, bien entendu, ne savent pas cela. On peut l’admettre même si les accointances internationales qui ont présidé à la publication de ce communiqué sont «traçables».
Ceci étant, le zèle dans cette affaire de ces nobélisés-là pose quand même un sérieux problème d’éthique. On ne les a guère entendus ces derniers temps sur des sujets d’une actualité plus brûlante et plus dramatique. On croirait que c’est sur le Sahara marocain que des B52 déversent des tonnes de bombes, que Tora Bora c’est la banlieue est de Laâyoune, qu’Oussama Ben Laden c’est le cousin germain de Khalli Henna Ould Errachid, que la Palestine et son Autorité, qui sont en voie de liquidation par les Sionistes ministrabilisés les plus ultra d’Israël, est un fait divers banal ou que les enfants d’Irak simulent la mort par centaines de milliers uniquement pour donner mauvaise conscience à l’Occident. Oui, on croirait ça.
Nous voulons bien estimer, avec eux, que «la crédibilité des Nations Unies» est en jeu et qu’ «abandonner le projet de référendum au Sahara occidental reviendrait à trahir le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination». Mais il apparaît bien que ces sommités, soit par ignorance simple ou par une manipulation coupable, n’arrivent pas à donner un contenu scientifique indiscutable à la notion, au demeurant «culturellement, sociologiquement et anthropologiquement» très complexe et très aléatoire, de peuple sahraoui.
Quand la science s’éloigne de la conscience, la ruine de l’âme est bien évidemment dans les parages. On apprend cela très tôt dans les bonnes écoles. Maintenant, il est vrai que contre l’indépendance de l’Algérie il aurait pu se trouver, à l’époque, au moins, dix prix Nobel à mobiliser ou à recruter, mais cela n’aurait rien changé à l’affaire. Il ne faut jamais se tromper de peuple.

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