Crime organisé

Les chauffards ne me sont pas, particulièrement, sympathiques. Ce sont des criminels en puissance. Que des gens dont le métier est de conduire des véhicules, — un outil de travail comme un autre, disent-ils ! —,  réclament un droit à l’erreur institutionnalisé  et accompagné d’une mansuétude sur-mesure, cela me laisse très perplexe. Il a fallu à Karim Ghellab, ministre notamment des Transports, une nuit de négociation avec les fédérations syndicales de routiers pour lever la grève qui commençait à empoisonner, sérieusement, la vie de nos concitoyens, et à compromettre, gravement, leur sécurité dans une conjoncture «terroriste» dangereuse. Une nuit, pourquoi faire ? Restituer des permis retirés, ramener la durée de retrait du permis entre 15 jours et trois mois au lieu de un à six mois et limiter ce retrait aux seuls cas prévus par la loi. En clair, ils veulent un État de droit adapté à leur profession —une spécificité de la démocratie marocaine ?— et non pas une législation ajustée aux dangers qu’ils font courir aux autres et aux exigences collectives de sécurité. Si, chez nous, le Code de la route se transforme en Code pénal-bis —c’est le chemin pris par la réforme—, c’est que dans ce secteur où nous avons atteint des records mondiaux d’irresponsabilité, nous ne sommes plus dans le domaine de la contravention, nous sommes dans quelque chose qui s’apparente plus, probablement, au crime organisé. L’histoire nous a appris, depuis Salvador Allende, que les routiers n’étaient pas, particulièrement, tendres avec les démocraties.

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