De la marocanité

De la marocanité

Dans les prochaines semaines, un texte qui entrera en examen au Parlement sera probablement sujet à grands débats pas seulement chez les élus mais au niveau national et dans les réseaux sociaux parce qu’il interpelle toute la société. Ce texte, c’est le projet de loi organique sur le Conseil national des langues et de la culture marocaine. Le texte est aujourd’hui au stade des discussions préliminaires au niveau des commissions mais il ne tardera pas à commencer à faire des émules. La complexité du texte n’est pas tant sa partie qui organise le fonctionnement dudit conseil mais plus dans les aspects et questions sur lesquels ce conseil aura à statuer. Une des questions centrales sera d’abord de définir ce qu’on mettra ou non dans le périmètre de la «culture marocaine». Deuxième question non moins compliquée: les langues. On sait que pour l’arabe et l’amazigh la question est d’office tranchée dans le texte de la Constitution même si cela ne règle qu’une infime partie du problème.

Mais qu’en sera-t-il des autres langues ou dialectes ? Qu’en est-il du darija ? Sera-t-il considéré ou non comme une langue ou dialecte à part entière ? Il y a aujourd’hui plusieurs institutions pour l’arabe, pour le dialecte Hassani et autres dialectes et même pour les langues étrangères. Mais il n’est nulle part question de darija qui est, pourtant, l’idiome qui représente le plus la société marocaine. C’est ce genre de questions presque existentielles que les membres du futur conseil devront aborder. Espérons qu’ils ne le feront pas avec le souci minimaliste de consensus mais dans une logique d’inclusion de tous et en laissant de côté les débats démagogiques creux…

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