Edito : 1er mai

Edito : 1er mai

A défaut d’être encore la fête des travailleurs et une journée durant laquelle les centrales syndicales font la démonstration de leur force et de l’ampleur de leurs bases populaires, le 1er mai peut servir plutôt de journée de méditation et de réflexion profonde sur la valeur du travail au Maroc.

Il y a aujourd’hui quelque 10 millions de travailleurs dans le sens large dans notre pays entre salariés, du public et du privé, et indépendants. De manière caricaturale, ces dix millions produisent un PIB de l’ordre de 1.000 milliards DH, soit une moyenne de 100.000 DH, environ 10.000 dollars, par an et par travailleur. Est-ce suffisant? Pour y répondre, il faut savoir par exemple que dans un pays comme l’Allemagne où le nombre d’heures travaillées par an est parmi les plus bas d’Europe et au monde, un salarié produit une richesse moyenne de 82.000 dollars par an, soit 8 fois celle d’un travailleur marocain. Paradoxalement, ce dernier travaille un nombre d’heures de loin supérieur.

Le 1er mai est l’occasion pour les syndicats de brandir les slogans pour l’amélioration des conditions de travail et notamment de la rémunération. Ils sont dans leur rôle, certes. Mais quid de la contrepartie économique de ce travail ? Le marché du travail obéissant, comme tous les autres, à des lois économiques dont celle de la juste valeur, il serait intéressant que les syndicats se posent aussi la question sur la juste valeur qu’ils doivent et peuvent défendre. S’il y a aujourd’hui un décalage entre l’offre et la demande sur le marché de l’emploi, en plus de l’inadéquation des profils, c’est peut-être aussi parce que ceux qui offrent leurs compétences sur le marché demandent des tarifs qui ne correspondent pas à la vraie valeur de ce qu’ils proposent.

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