Édito

Que le Premier ministre Abbas El Fassi en soit réduit à dissoudre un parti politique, à la suite du démantèlement d’un large réseau terroriste, pour «des liens avérés entre ce réseau et la création même du parti Al Badil Al Hadari» est un fait suffisamment grave pour imposer, à tous, un peu de retenue et beaucoup de responsabilité. L’importance de l’armement saisi montre à elle seule la résolution criminelle des terroristes. Nous ne sommes plus dans la guéguerre entre les nouveaux et les anciens, les modernistes et les réactionnaires, les laïcs et les intégristes, etc. L’heure est grave. C’est dans des circonstances de cette nature que l’islamisme parlementaire, ou l’islamisme «gouvernemental», doit faire preuve de maturité et de conséquence, et non pas de légèreté et de frivolité. Se lancer à l’aveuglette, et par des réactions automatiques, dans une sorte de défense mécanique de la galaxie islamiste, surtout quand celle-ci est fortement liée à des actes terroristes en préparation, est proprement irresponsable. Que l’on ait tous des exigences en matière des droits de l’Homme, de respect des procédures et des droits des prévenus est absolument naturel dans un pays qui veut se réclamer de la démocratie et de l’Etat de droit. Mais de là à orchestrer et à instrumentaliser des faits graves pour des raisons politiciennes relève de l’immaturité. Décidément, le PJD cherche par tous les moyens — ce qui est dérisoire — une troisième mi-temps pour «rattraper» ses élections législatives perdues. Quand ce n’est pas une campagne pour la restriction des libertés, sous couvert de démarche morale, c’est la distillation du doute sur la lutte antiterroriste que mène l’Etat au nom de la société. Dans ce sens, et à titre d’exemple, ce qui est développé, hier, dans l’édito du quotidien de ce parti est proprement scandaleux.

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