Edito : Actualiser le social

Edito : Actualiser le social

Le gouvernement vient de tenir les premières Assises de la protection sociale. L’initiative ne peut être que louable à un moment où les débats qui dominent le plus la scène publique ces derniers mois sont essentiellement d’ordre social et sociétal.

Mais le fait est que, encore une fois, il y a un risque d’erreur sur la méthodologie et sur le contenu à cause de l’obsolescence des schémas. La protection sociale, telle qu’elle est encore approchée aujourd’hui, couvre les sujets relatifs aux filets sociaux connus comme l’assurance-maladie, le Ramed, la lutte contre la précarité et la pauvreté, la santé, les retraites, les mécanismes de solidarité et de cohésion…Tout cela est en effet d’actualité mais ne représente plus qu’une partie de la protection sociale telle qu’on la définissait il y a deux ou trois décennies. La société marocaine a profondément changé ces trente dernières années. Sur le plan démographique, on le sait depuis 2014, le Maroc fera face à la montée en puissance du troisième âge.

Or, notre système de santé déjà n’est pas préparé à la médecine de troisième âge, la gériatrie. A fortiori, notre pays n’a pas mis en place des dispositifs pour la prise en charge professionnelle de cette catégorie qui a besoin elle aussi d’être protégée et même plus que les autres. Sur un autre registre, l’IRES, dans son dernier rapport, a mis en exergue un chiffre inquiétant sur la montée du fléau du suicide au Maroc. Les anciens schémas de protection sociale n’ont pas été programmés pour traiter ce nouveau genre de questions. Or, un système de protection sociale ne peut pas être performant s’il n’est pas d’abord en phase avec les mutations sociétales…

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