Edito : Ambivalence publique

Edito : Ambivalence publique

La publication récente du rapport de la Cour des comptes sur la CDG ramène au premier plan un débat crucial sur la vocation des entreprises publiques.

Un débat dans lequel l’Etat doit trancher en répondant à la question suivante : qu’est-ce qu’on attend précisément des entreprises publiques ? Ont-elles pour seule vocation d’assurer d’abord un service public indépendamment des considérations de rentabilité ou doivent-elle fonctionner comme toute entreprise avec des obligations de gains ? Dans bien des cas, si ce n’est la majorité, le problème majeur des gestionnaires d’entreprises publiques réside dans cette ambivalence de l’Etat. Ce dernier, en tant qu’actionnaire, exige évidemment et naturellement des performances économiques et financières. Mais en tant qu’autorité de tutelle, l’Etat utilise ces mêmes entreprises et institutions pour assurer le service public aux citoyens et contribuables. Ce schéma n’est pas le propre du Maroc.

Or connaissant le caractère structurellement déficitaire du service public et l’effort d’investissement que seules les entreprises publiques peuvent assumer, elles se retrouvent du coup coincées entre deux obligations diamétralement opposées.

Quand bien même les entreprises publiques se doteraient des instances de gouvernance qu’il faut, des compétences nécessaires et des stratégies les plus élaborées, leurs résultats seront toujours affectés par le poids du service public. La solution a été trouvée dans certains cas en scindant les deux missions, parfois même en créant des entités dédiées avec des obligations spécifiques. Une chose est sûre, ce n’est pas aux managers de ces entreprises publiques d’en décider mais à l’Etat et à lui seul. Cette ambivalence ne peut pas durer.

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