Edito : Contrôler n’est pas bloquer

Edito : Contrôler n’est pas bloquer

Il y a quelques jours, profitant d’une séance de travail avec les parlementaires, le patron de la RAM attirait l’attention pour la énième fois sur l’urgence de donner de la visibilité à la compagnie nationale sur les cinq voire dix années qui viennent à travers un contrat programme qui comporte des objectifs clairs et donne à l’entreprise les moyens de les atteindre.

Aujourd’hui, c’est une autre entreprise publique opérant dans un secteur tout aussi névralgique qui se retrouve elle aussi dans la même situation. Il s’agit de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) qui pilote des mégaprojets stratégiques pour le pays mais dont la tutelle gouvernementale tarde à valider une feuille de route claire. Résultat immédiat d’une telle indécision : l’entreprise n’est pas en mesure d’engager de nouveaux projets pour les années à venir. En revanche, la réactivité du gouvernement a été «exemplaire» quand il y a eu un risque de perdre des lignes de financement accordées à l’Office par des bailleurs de fonds internationaux. Un conseil a été réuni dans la précipitation pour expédier des dossiers afin de ne pas perdre lesdits financements. Cela peut se comprendre à l’heure où les ressources financières de l’État sont à l’étroit, certes. Mais à quoi serviraient des fonds même disponibles si, en aval, l’Office n’a pas de plan d’investissement précis si ce n’est de finaliser des projets passés?

L’on peut comprendre le souci de veiller au bon usage des deniers publics. Cela dit, et comme le démontrent chaque année les rapports de la Cour des comptes, muscler les dispositifs de contrôle a priori et densifier les procédures de supervision de la tutelle ne sont pas forcément les moyens les plus efficaces pour moraliser la dépense publique…   

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