Edito : Décadence locale

Edito : Décadence locale

L’incident du bus qui a pris feu en plein centre-ville de Casablanca est plus qu’un simple accident de circulation ou fait divers.

C’est le summum de la décadence du service public et de la faillite de la gestion locale. Un concessionnaire du transport en commun dans une ville de la taille de Casablanca avec, de surcroît, un professionnel étranger dans son tour de table, est censé disposer de véhicules dans les normes, régulièrement contrôlés pour assurer ses prestations en toute sécurité. Surtout celle des passagers. Si l’incident est le fait d’un acte délibéré, c’est tout aussi grave car un transporteur public est censé également veiller à la sécurité à bord de ses bus.

Mais la faute n’est pas imputable exclusivement à la compagnie de bus. Les gestionnaires de la ville, toutes catégories confondues, sont également responsables au plus haut niveau. Quand la ville donne en concession un service public à un privé, qui va bien entendu en tirer des bénéfices, elle est censée le faire suivant un cahier des charges supposant des obligations, des normes, des contrôles techniques et des sanctions en cas de manquement. Ce n’est visiblement pas le cas.

Le plus alarmant est que les responsables de la gestion de la ville semblent s’accommoder d’un tel mépris pour les Casablancais.  La preuve en est que depuis plus de dix ans, des centaines de bus privés circulent en ville et transportent des millions de passagers dans l’illégalité la plus totale, sans aucun contrat, ni concession ni licence. Si ce sont ceux-là même qui vont gérer demain la chose publique dans la nouvelle configuration régionale, il vaut mieux que l’Etat central garde encore la main le temps de faire le grand ménage…

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