Edito : Des emplois à la poubelle

Edito : Des emplois à la poubelle

Silence radio. Le mutisme du gouvernement et des administrations publiques concernées au regard du dossier explosif de la décharge de Médiouna veut tout dire.

Même face au risque de voir cette «sale» et honteuse affaire être déballée en public devant des magistrats étrangers, les responsables marocains sont restés indifférents. En fait, le contraire aurait été étonnant puisque le silence complice dure depuis plusieurs décennies. Pourtant, la décharge de Médiouna constitue un gisement d’opportunités pour l’investissement privé et pour les emplois. Si la commune de Casablanca devait recycler correctement une bonne partie des tonnes de déchets déversées dans la décharge, elle pourrait en créer toute une filière économique.

Il y a aujourd’hui quelque 2.000 familles, celle des chiffonniers, qui vivent directement de la décharge. Le modèle de Médiouna peut d’ailleurs être dupliqué à volonté dans d’autres villes du Maroc. L’indifférence des élus et responsables de Casablanca est en fait à l’image du peu d’intérêt, voire de l’ignorance de nos décideurs des enjeux économiques de l’économie dite verte. Aujourd’hui, le Maroc recycle environ 7 % de ses déchets ménagers solides.

Pourtant, dans une activité telle que le recyclage, à elle seule, et dans quelques filières, pas toutes, ce ne sont pas moins de 26.000 emplois qui peuvent être créés rapidement selon l’estimation de la coalition pour la valorisation des déchets, un groupement privé-public créé en 2015.

Et le gisement ne demande qu’à être exploité moyennant un investissement de 1,6 milliardDH seulement. Et dire que c’est chez nous, à Marrakech, que la communauté mondiale s’était donné rendez-vous il y a deux ans pour un plaidoyer en faveur de l’économie verte…

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