Edito : Déserts bancaires

Edito : Déserts bancaires

A la lecture des chiffres de Bank Al-Maghrib sur la répartition spatiale des dépôts collectés et des crédits distribués par les banques, la question sur l’inclusion financière revêt tout son sens. Déjà avec un taux de bancarisation faible par rapport à ce qui se fait ailleurs, le secteur bancaire marocain a encore un terrain inexploité à gagner. Mais ce n’est là qu’un premier Maroc de la carte bancaire, à savoir le Maroc hors couverture. Même dans sa couverture géographique actuelle en consolidant les chiffres du réseau d’agences de toutes les banques ensemble, on constate rapidement un gros déséquilibre entre deux autres Maroc : un, représenté par deux villes, Casablanca et Rabat, et de l’autre côté, tout le reste.
Les deux villes en question génèrent à elles seules presque la moitié de la totalité des dépôts bancaires et, surtout, elles captent 70% des crédits distribués par les banques, toutes catégories de clientèle confondues.
Une telle concentration des moyens de financement ne correspond pas forcément à une même répartition que ce soit en termes démographiques ou économiques. Casablanca est le centre industriel historique du Maroc, certes. Mais depuis une dizaine d’années, voire une quinzaine, de nouvelles destinations économiques montent comme Tanger, Agadir, Marrakech, Kénitra, Oujda. Sauf que ces villes ne pourront jamais devenir véritablement des pôles économiques à part entière si les banques ne suivent pas.

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