Edito : Dialogue inégal…

Edito : Dialogue inégal…

La paix sociale n’a pas de prix, dit-on. Depuis le début des années 2000, les équipes qui se sont succédé aux commandes du gouvernement ont, presque toutes sans exception, souffert avec le feuilleton sans fin du dialogue social avec à la clé des factures salées.

Près de 8 milliards DH sur les années 2003 à 2007, quelques 19 milliards DH entre 2008 et 2010 pour culminer jusqu’à 40 milliards DH pour les rounds de 2011. Avec les négociations actuelles et à en croire les premières simulations du gouvernement, la facture du dialogue social se situera dans une large fourchette de 14 à 35 milliards DH selon les scénarios et les options qui feront l’objet d’accord. Toutefois, ce coût ne représente qu’une partie de la facture globale parce qu’il ne prend en compte que la charge qui sera supportée par l’Etat en tant qu’employeur. L’autre partie de la facture, ce sera évidemment au secteur privé de la supporter pour ce qui est des salariés du privé. Dans tout cela, en fait, ces milliards dirhams seront supportés par le contribuable, certes, mais surtout aussi par l’économie en général.

Or s’il l’on conçoit un dialogue comme étant une négociation où chaque partie a des droits mais aussi des obligations, il est intéressant de savoir ce sur quoi s’engagent les syndicats, indirectement les salariés, en contrepartie des concessions sonnantes et trébuchantes des employeurs. Jusque-là, les accords qui ont été signés le long de tout le processus de dialogue n’ont jamais comporté des clauses engageant les syndicats au-delà de la paix sociale. Et même cette paix sociale, elle n’est toujours que temporaire, ne dure que quelques années jusqu’au round suivant.

En revanche, les engagements financiers pris par l’Etat et le privé produiront des effets à vie parce que devenus acquis… Ce n’est pas très équitable !

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