Edito : Dilemme

Edito : Dilemme

Il fallait s’attendre naturellement à l’ampleur de l’émotion et au volume des réactions et commentaires suscités par les verdicts prononcés à l’encontre des prévenus du Hirak.

Même si, sur le plan technique, il s’agit de verdicts rendus dans un procès pour délits sur la voie publique avérés et donc logiquement punissables par le code pénal, le caractère du dossier, où se mélangent le social, le politique, les droits de l’Homme et les libertés, a fait que l’opinion publique s’en est emparée. Il ne s’agissait donc pas d’un procès anodin pour lequel l’opinion publique s’attendait à une forme d’indulgence. Cela est d’autant plus vrai que les sanctions lourdes infligées aux hauts responsables et ministres en octobre dernier donnaient partiellement gain de cause au Hirak.    

Et c’est pour cette raison que les peines de 20 ans ont été accueillies avec stupeur.

Mais la légitimité du mouvement est une chose et les délits commis en sont une autre.

Le dossier du Hirak est l’exemple type par excellence du procès dont le verdict aura toujours des conséquences préjudiciables quel qu’en soit le degré de sévérité.

Car, à l’instar de ce qui se passe actuellement, si les magistrats avaient, au contraire, pris en compte le caractère « politique » du dossier pour rendre des verdicts moins lourds, ils auraient dû accepter de ne pas appliquer la loi comme elle le devrait. En d’autres termes, ils auraient créé un grave antécédent et donc ouvert la boîte de pandore en plus du préjudice porté à un pouvoir judiciaire que l’on vient tout juste de libérer de l’emprise du politique et que l’on veut indépendant.

Un vrai dilemme…

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