Edito : Economie de consommation

Edito : Economie de consommation

Si l’économie marocaine ne produit pas suffisamment d’emplois et génère une croissance modérée à faible depuis quelques années c’est tout simplement parce que son fonctionnement est basé de plus en plus sur la consommation finale et de moins en moins sur l’investissement.

Même si les grandes écoles en matière de politiques économiques ont eu des divergences, elles ont toutes, sans exception, consacré l’équilibre entre la consommation et l’investissement comme étant vital au bon fonctionnement d’une économie. Cet équilibre a été rompu au Maroc. Grâce à l’assouplissement de l’accès aux crédits et à la bancarisation, dictés par la nécessaire inclusion financière, les ménages marocains ont nettement augmenté leur recours aux crédits par rapport au début des années 90.

Mais cette explosion de la demande des ménages devait en théorie aller de pair avec une évolution au même rythme de l’investissement de l’autre agent économique central qu’est l’entreprise. Or le moteur «entreprise – investissement» est en mode veille depuis quelques années. C’est là l’une des explications de ce qu’on appelle aujourd’hui l’essoufflement du modèle économique. Il y a quelques jours, le wali de Bank Al-Maghrib s’en inquiétait publiquement. Plus récemment, les sociétés spécialisées dans le crédit ont confirmé cette tendance lourde.

Les crédits à la consommation octroyés aux ménages augmentent à un rythme annuel de 5% tandis que les financements de l’équipement des entreprises évoluent à moins de 1% par an. Si la tendance ne s’inverse pas rapidement, les conséquences peuvent être plus lourdes qu’on ne l’imagine…

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