Edito : Indigence parlementaire

Edito : Indigence  parlementaire

Grosse polémique en vue entre les médecins ophtalmologues et les opticiens. A l’origine du problème, un projet de loi qui visiblement donne le droit aux deuxièmes d’exercer ce que les premiers estiment relever exclusivement du ressort des médecins.

Il se trouve que le texte a déjà été examiné et voté par la première Chambre et en phase de l’être par la deuxième. Le process dure depuis 2016 et, bizarrement, personne n’a relevé cette grave anomalie qui pourrait présenter un réel danger pour la santé des citoyens surtout pour un organe aussi sensible et vital que les yeux. Au-delà de la spécificité du dossier (voir article en page 12), cela renvoie à une problématique bien plus large.

On peut comprendre que des élus, des professionnels de la politique, ne soient pas suffisamment outillés pour statuer sur des sujets spécialisés et pointus. Comme il n’est pas raisonnable de demander à un élu d’être un expert dans tous les secteurs et domaines sur lesquels il est amené à légiférer. Mais ce qui s’est passé avec le cas d’espèce peut demain se produire pour d’autres thématiques et pourrait avoir des effets induits bien plus graves ou touchant des sujets de plus grande sensibilité.

Le problème ne concerne pas les élus eux-mêmes et à eux seuls. Certes, quand un élu a un niveau d’instruction limité, il a de fortes chances de ne pas être en mesure de décortiquer ni de comprendre la profondeur des textes qu’il vote. Mais une part de responsabilité incombe aussi aux partis politiques eux-mêmes. On ne peut pas demander à un candidat de faire gagner au parti un siège au Parlement et le lâcher après dans la nature en le laissant affronter tout seul et avec indigence la lourde tâche de légiférer pour le pays et les générations futures.

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