Edito : La chance des grenouilles

Edito : La chance des grenouilles

Depuis quelques jours, la communauté des promoteurs immobiliers canadiens est en émoi tandis que les défenseurs de la nature québécois sont aux anges : au terme d’une longue instruction qui a duré près de deux ans, des juges de la Cour fédérale viennent de décider de suspendre la réalisation de gros projets immobiliers dans une petite municipalité au sud-ouest de Montréal parce qu’ils mettent en péril une espèce de grenouilles en voie de disparition.

Un collectif d’associations et d’activistes écologistes québécois s’était, en effet, mobilisé depuis 2016, pour alerter les autorités de son pays sur les dangers qui menaçaient la colonie de petites rainettes faux-grillon dans la petite municipalité à cause des projets immobiliers.

Et pour défendre la cause de ce petit batracien, dont la taille ne dépasse pas celle d’une pièce d’un dirham, le collectif est allé jusqu’à déposer un recours en haut lieu auprès du gouvernement fédéral à Ottawa qui lui a donné raison en plus.

La petite municipalité en question s’appelle La Prairie et elle ne fait pas partie des centres urbains les plus névralgiques satellites du Grand Montréal. Mais ce n’est pas une raison. Une grenouille est une grenouille quel que soit le lieu où elle vit.

Changement de décor. On est à Médiouna, à la périphérie de Casablanca. C’est l’une des communes les plus peuplées, d’êtres humains cette fois-ci et pas de grenouilles. Dans cette commune se trouve un des plus gros points noirs de l’histoire du Maroc, en l’occurrence la triste décharge de Médiouna qui, depuis presque 30 ans, met en danger la santé de centaines de milliers d’habitants. Un drame sanitaire et écologique se déroule depuis trois décennies au vu et au su des élus, de la commune, du conseil de la ville, de la wilaya, de la région, des administrations, des ministres, du gouvernement sans que personne ne lève le petit doigt…

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