Edito : La saga des phosphates

Edito : La saga des phosphates

Les phosphates au Maroc sont l’exemple type de la saga industrielle dont il faut s’inspirer et qu’il faut essayer de dupliquer, peut-être pas à la même échelle mais en tout cas en termes de démarche et de vision.

Au commencement de l’histoire, en 1928, c’est-à-dire il y a 90 ans, presque un siècle, les deux seules petites mines du Maroc étaient à Khouribga et à Youssoufia, à l’époque dénommée Louis Gentil. Elles produisaient annuellement près de 1.300.000 tonnes par an. Aujourd’hui, en 2018, OCP extrait de ses mines l’équivalent de 44 millions de tonnes, soit, donc, 35 fois ce qu’il produisait il y a un siècle. Certes, à l’époque où le Maroc découvrait à peine la manne des phosphates, l’économie mondiale n’était pas ce qu’elle est devenue aujourd’hui.

Les utilisations des phosphates n’étaient pas encore devenues aussi stratégiques voire vitales pour l’avenir de l’humanité à travers les fertilisants, entre autres. Mais l’évolution de l’industrie phosphatière au Maroc et d’OCP, devenu entre-temps le leader mondial, n’est pas seulement due aux facteurs exogènes du marché. Bien des pays disposent des phosphates ou d’autres richesses naturelles tout aussi vitales sans pourtant arriver à les mettre au service de l’économie de manière globale.

Aujourd’hui, 53% des exportations africaines sont sous forme de matières premières à l’état brut sans aucune transformation. Du coup, les ressources de l’Afrique créent plus de richesses ailleurs qu’en Afrique elle-même. Et c’est à juste titre que SM le Roi a eu cette vision intégrée pour le continent à travers, entre autres, les projets de fertilisants pour de grands pays agricoles comme l’Ethiopie ou le Nigeria.

La saga des phosphates et d’OCP au Maroc c’est aussi comment les deux petites mines de Khouribga et de Louis Gentil sont devenues en l’espace d’un siècle presque le premier investisseur du Maroc avec 10 milliards DH injectés chaque année dans l’économie, faisant travailler des milliers d’entreprises et créant des dizaines de milliers d’emplois. Si l’on pouvait seulement dupliquer le scénario à d’autres secteurs…

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