Edito : Le buzz à tout prix

Edito : Le buzz à tout prix

La fièvre du live semble s’être emparée d’une frange de la classe politique marocaine. En l’espace d’une même soirée, en fin de semaine dernière, par exemple, le microcosme des internautes branchés ne savait plus où donner de la tête.

En fait, ils étaient en tout et pour tout pas plus de 4.000 à 5.000. Autant dire pas grand monde et c’est la preuve, pour nos politiciens apprentis podcasters, que le format à lui seul ne suffit pas pour faire le buzz. Que ce soit à travers les médias audiovisuels classiques ou les nouveaux canaux, les Youtube, Facebook et Cie, l’acte de communiquer ne peut être concluant sans le facteur central qui est le message en lui-même, le contenu et la chose communiquée.

Les amoureux de notre art ancestral de la Halqa le savent bien, même après des heures de spectacle, le spectateur n’est jamais rassasié puisque chez les vrais maîtres conteurs et hlaykiyyas de la pure tradition marocaine, le spectateur n’a pas le temps de s’ennuyer parce qu’il y a de la vraie consistance.

Et avec les nouvelles technologies, la magie et la puissance des réseaux sociaux, les politiciens qui s’y essaient découvrent rapidement le revers de la médaille : quand on n’a pas de matière consistante à partager et à communiquer, vouloir faire du buzz à tout prix finit par se retourner contre son auteur en bad buzz à travers les commentaires, entre autres.

Faire un live pour raconter des inepties, cela revient à faire une Halqa de très bas de gamme des temps modernes, qu’on pourrait appeler e-halqa.

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